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MOTOCULTOR 2025

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La plaine de Kerampuilh a vibré sous les pieds de 62 500 festivaliers du 14 au 17 août.  Une année record pour le Motocultor Festival qui en est à sa dix-septième édition !

Quelques 110 groupes ont défilé sur les quatre scènes du festival pendant ces quatre jours de folie, et de nombreux styles musicaux étaient à l’honneur. La météo était au rendez-vous : le soleil breton avait lui aussi son pass 4 jours. Avec ce temps sec, chaque pogo soulevait des nuages de poussière envahissant les scènes, les vêtements, les appareils photos… De nombreux festivaliers ont sorti les foulards par-dessus le nez et la bouche, donnant à certains concerts un air de Mad Max. La programmation ? Une fois de plus très éclectique, mélangeant du folk, rock, garage, thrash, deathcore, darksynth… Avec des groupes venus des quatre coins du monde.

Armé de mon fidèle appareil photo (qui n’imaginait pas ce qui l’attendait), je me suis rendu à Carhaix pour pallier à l’absence de nos chères Myriam et Célia sur cette édition, et vous partager les groupes que j’ai pu voir performer durant le week-end, avec quelques découvertes et coups de cœur.


JEUDI 14 AOÛT

VERSATILE

Mon festival a commencé avec le groupe de black-metal suisse Versatile. Alliant une scénographie à mi-chemin entre le gothique et le cyberpunk, des costumes impressionnants et des textes lugubres entièrement en français, le quatuor a su chauffer le public en cet après-midi ensoleillé.

HELLDEBERT 

Pour continuer, la Mainstage a offert un show accessible aux plus petits avec Helldebert, le projet métal du chanteur pour enfants Aldebert. Entre originaux et reprises métal de ses précédents tubes, suivis d’un featuring avec Max Cavalera, chanteur de Sepultura et Nailbomb (qui jouait le même jour). Les cadets du festival étaient aux anges et deviendront, on l’espère, les métalleux de demain !

GUTALAX

J’ai ensuite eu le plaisir de me frotter au goregrind décalé de Gutalax, groupe tchèque dont la source d’inspiration principale est… le caca, sous toutes ses formes. Étrons, bronzes, diarrhées, tout y passe, pour le plus grand bonheur des fans présents en masse cet après-midi, munis de leur brosses, ventouses, rouleaux de papier toilette et déchets en tous genres qui ont traversé la foule sans relâche… Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le quatuor de « métal fécal » complètement barjo attise la curiosité.

TESSERACT

Groupe de métal progressif / djent venu d’Angleterre, TesseracT était une de mes meilleures découvertes de cette édition. Un son massif et changeant, une voix captivante, et des parties rythmiques complexes interprétées à la perfection par le batteur Jay Postones. Deux choristes étaient présentes sur les côtés de la scène, apportant un plus notable aux arrangements live. Des morceaux comme Natural Disaster ou Legion, tirés de leur dernier album en date, War of Being, ont montré que le son de TesseracT est particulier et maîtrisé.

MOGWAI

Toujours sur la Mainstage, c’était cette fois le moment d’une petite pause plus douce. Mogwai, groupe de post-rock / shoegaze britannique, a emmené le public dans son univers contemplatif. Majoritairement instrumentaux, ses longs morceaux mélangeant rock et musique ambiante avec quelques envolées de guitare ont témoigné de la diversité d’ambiances qui règne au Motocultor.

I PREVAIL

Pour conclure cette première journée, la foule s’est rassemblée devant I Prevail, que j’attendais avec excitation, étant assez fan du groupe. Originaires de Detroit aux USA, ils se sont fait une place importante dans le metalcore depuis 2014 grâce à des titres comme Hurricane ou Bow Down, et aux voix grandioses de leurs deux chanteurs Brian Burkheiser et Eric Vanlerbleghe. Ils reviennent cette année avec un nouvel album intitulé Violent Nature, et un défi à relever car Brian a quitté le groupe, laissant Eric assumer chants clairs et saturés. Le résultat dépasse les attentes, et le groupe l’a prouvé devant une foule conquise ce soir-là en alternant chansons brutales et tubes mélodiques dans un show enflammé.


VENDREDI 15 AOÛT

VESTIGE

Pour démarrer cette deuxième journée, je suis allé voir le groupe français Vestige, qui mélange métal alternatif et shoegaze dans des compositions très aériennes. Par ses sonorités, le groupe nous a emporté très facilement dans son univers.

BENIGHTED

Toujours dans les formations françaises mais dans un style radicalement opposé, Benighted a pris place sur la mainstage pour délivrer un concentré de death metal et de grindcore devant un public réceptif qui a fait monter la poussière dans le pit.

HERIOT

J’ai enchaîné avec le quatuor britannique Heriot et son metalcore mélangé au post-rock, black metal et bon nombre d’autres influences ; mené par les voix complémentaires de la chanteuse Debbie Gough et du bassiste-chanteur Jake Packer.

IMPERIAL TRIUMPHANT

Dans un style Art-Déco New Yorkais, paré de masques d’or, le trio Imperial Triumphant a fait découvrir ses compositions avant-gardistes au public du Motocultor, un black metal teinté de jazz aux expérimentations multiples. Que ce soit musicalement ou visuellement, l’identité est profonde et travaillée.

LACUNAL COIL

Par la suite, le groupe de métal gothique italien Lacuna Coil a investi la Mainstage. Le quintet a défendu son nouvel album Sleepless Empire tout en jouant des titres aimés de ses fans comme Our Truth et Heaven’s A Lie.

KLONE

Puis est venu le tour de Klone sur la Massey Ferguscène. Ce groupe de rock progressif originaire de Poitiers crée des morceaux mélodiques et immersifs portés par la belle voix du chanteur Yann Ligner. Des titres comme Breach, Nebulous, ou After The Sun tiré de leur dernier album The Unseen, démontrent la richesse de leur écriture et de leurs instrumentations.

TRIBULATION

Groupe de heavy metal gothique venu de Suède, Tribulation a sorti le maquillage et l’encens pour instaurer une ambiance ténébreuse, où les guitares lead au premier plan rencontrent la voix d’outre-tombe du leader Johannes Andersson.

DIMMU BORGIR

De retour sur la Mainstage pour voir Dimmu Borgir, groupe de black-metal symphonique norvégien. Le groupe expérimente aussi des touches électroniques, avec la présence d’un DJ dans la formation. Leur son est surprenant et mémorable.

CARPENTER BRUT

Pour ce dernier créneau de la journée, un de mes artistes préférés a pris les commandes. Le Roi de la synthwave française, Carpenter Brut, a enflammé Carhaix avec ses sons électro rétro envoûtants. Flanqué du guitariste Adrien Grousset, du batteur Florent Marcadet, et d’un nombre vertigineux de lumières, le compositeur discret caché derrière ses synthés a mis le paquet sur des titres qui ont fait sa renommée : Turbo Killer, Disco Zombi Italia, Le Perv, ou encore sa fameuse reprise de Maniac de Michael Sembello. Sous une Lune anormalement orange, l’immersion était parfaite.


SAMEDI 16 AOÛT

ALL FOR METAL

Pour démarrer ce samedi, j’ai pu voir les germano-italiens de All For Metal. Le groupe de heavy/power metal à l’identité inspirée des Vikings – des costumes aux paroles – fédère autour de sa passion pour le métal. Le résultat est entraînant, ambiance gros muscles et bon enfant. Ce concert était également le dernier de leur guitariste Jassy, et l’esprit de famille entre les membres était bien présent.

JOHNNIE CARWASH

Sur la Bruce Dickinscène, le trio de garage rock Johnnie Carwash a donné l’opportunité de faire le plein de couleurs et de bonnes ondes, une ambiance inattendue mais bienvenue. Les français au cœur léger mélangent pop et punk dans des titres pleins d’énergie qui donnent des envies de road-trip.

RENDEZ VOUS

S’en est suivi un détour par le show du quintet post-punk/coldwave parisien Rendez Vous, mélangeant riffs grunge, synthés et sections rythmiques entraînantes.

TENSIDE

Arrivés sur le tard en remplacement de Ill Ninõ, les allemands de Tenside ont investi la Suppositor Stage pour proposer un set de metalcore agressif et promouvoir leur dernier album en date, Come Alive Dying.

SLOPE

Sur la Bruce Dickinscène on a pu découvrir Slope, une formation allemande de “hardcorefunkrap”. Le mélange de ces genres surprend à la première écoute, mais devient vite addictif. Avec deux chanteurs aux commandes, le groupe a fait bouger son public sur sa musique hybride et ses bonnes ondes.

PALEFACE SWISS

Un son agressif au possible, des paroles puisant dans les sentiments les plus sombres, portées par un frontman infatigable, Paleface Swiss a retourné la Suppositor Stage avec un deathcore brutal en provenance du pays du chocolat. Comme le décrit si parfaitement leur bio “La neutralité pour laquelle la Suisse est mondialement connue ne s’applique pas à Paleface Swiss. Ils sont venus pour détruire.”

ENVY

Venu tout droit du Japon, le groupe de post-hardcore / post-rock screamo Envy a investi la Massey Ferguscène avec ses mélodies planantes. Alternant chant et parties parlées sur fond d’instrumentaux pleins d’énergie, de distortion et reverb, le groupe a partagé les titres qui ont fait sa marque de fabrique depuis sa création il y a 30 ans, comme Footsteps in the Distance ou Imagination and Creation.

TRIVIUM

La tête d’affiche de la journée était le groupe de thrash metal Trivium. Mené par le chanteur Matt Heafy plein d’énergie, le quatuor a enflammé le public sur ses titres phares The Heart From Your Hate ou Until The World Goes Cold. De gros riffs et solos de guitare, un frontman communicatif, une marionnette géante en fond de scène (à l’effigie du deuxième album fêtant ses vingt ans actuellement), la recette parfaite pour un bon moment.

BATUSHKA

Groupe de black metal polonais, Батюшка (Batushka) a plongé le festival dans une ambiance sombre de chants liturgiques, bougies et pierres tombales. L’immersion est totale et l’univers envoûtant. Après une période de litige lorsque l’identité du groupe fut volée à son créateur, Батюшка renaît maintenant de ses cendres et sillonne les festivals tels que le Motocultor pour propager ses musiques viscérales.


DIMANCHE 18 AOÛT

SOLITARIS

Dernier jour de festival, Mainstage, 11h45, le rendez-vous était donné. Solitaris, un quatuor français anonyme que j’affectionne particulièrement, a lancé les hostilités. Leur mélange de deathcore et d’ambiances sombres et planantes a mis d’accord tous les festivaliers présents si tôt. On espère que le groupe repassera en soirée dans quelques années, pour pouvoir faire un show plus poussé et à la hauteur de leur direction artistique.

ANGELMAKER

Pas de répit avec Angelmaker, groupe de deathcore thrash canadien qui a très sûrement offert un des sets les plus brutaux de cette édition avec la puissance combinée de ses deux frontmen. À ne pas mettre dans toutes les oreilles !

DOODSESKADER

Duo intriguant qui nous vient de Belgique, Doodseskader crée un son hybride à mi-chemin entre le sludge, grunge, hip-hop et hardcore. Mélangeant basses texturées, atmosphères inquiétantes, voix passant du rap au scream et une énergie en mouvement, les deux musiciens vivent complètement leur musique et ont transmis leur touche unique dans un show captivant.

THROWN

Sur la Suppositor Stage, thrown a balancé sa discographie agressive. Le groupe suédois de punk hardcore fondé en 2019, aux chansons rentre-dedans et exceptionnellement courtes (autour de 2 minutes chaque) a performé avec une énergie constante, délivrant titre après titre devant un public séduit.

GOST

Dans le même registre que Carpenter Brut précédemment, le producteur masqué Gost a balancé du gros son darksynth sous le chapiteau de la Massey Ferguscène. Avec claviers, samplers, et accompagné d’un bassiste, le setup minimaliste a fait rugir les basses, synthés et beats énervés, qui donnent à la fois envie de danser et de cogner.

FEAR FACTORY

Pour continuer l’après-midi, je me suis rendu au show de Fear Factory, groupe californien de métal industriel. Inspiré par les récits de science-fiction (1984, Terminator…), il mélange des riffs de heavy métal avec des samples et synthés en tous genres derrière des paroles dystopiques. Le chanteur Milo Silvestro n’a rejoint Fear Factory que 2 ans plus tôt, mais assure la relève avec succès dans ce groupe aux 35 ans d’existence.

LANDMVRKS

La tête d’affiche qui n’en était pas une. Tout au long de la journée, les fans de LANDMVRKS ont pris possession du public, arborant les t-shirts du groupe. Lorsque l’heure du show est arrivée, la tension était à son comble. Après leur succès fulgurant sur la Mainstage du Hellfest l’année dernière, les marseillais étaient attendus au tournant. Et ils n’ont pas déçu. Avec une énergie incroyable, rendue par une foule en délire, le quintet a offert des tubes comme Blistering, Death, et surtout les singles de leur nouvel album The Darkest Place I’ve Ever Been. Les slams et walls of death se sont enchaînés. Pour le groupe qui était passé sur une petite scène du Motocultor il y a deux ans à peine, c’était encore une grande étape symbolique de franchie (même si beaucoup de festivaliers s’accordent à dire qu’ils auraient dû jouer encore plus tard, tellement l’engouement était palpable).

CANDLEMASS

Changement d’ambiance sur la Bruce Dickinscène avec Candlemass, groupe pionnier du doom metal originaire de Stockholm et dont la formation remonte à quarante ans. Le quintet n’a pas perdu de son panache et est venu le prouver ce soir-là avec des compositions lourdes et envoûtantes typiques du genre qu’il a contribué à développer.

KANONENFIEBER

Mais la journée n’était pas encore finie, et Kanonenfieber l’ont bien montré. Sur une scène convertie en tranchée de la Première Guerre mondiale, les musiciens cagoulés et habillés en soldats allemands ont délivré une performance parfaite dans une scénographie spectaculaire et évolutive. Flammes énormes, neige carbonique, différentes scènes de guerre étaient reproduites. Le groupe, se revendiquant anti-guerre, puise son inspiration dans les lettres de soldats disparus au combat pour transmettre l’horreur du conflit à la sauce black métal mélodique. Il se peut bien qu’ils m’aient introduit à un genre auquel je n’avais jamais accroché jusque-ici !

MACHINE HEAD

Enfin, à minuit ce dimanche, le point culminant du festival est arrivé. Le plus gros public de tout le weekend s’est amassé devant la Dave Mustage pour assister au show de Machine Head. Le groupe de heavy metal mené par le charismatique Robb Flynn a laissé sa marque dans le festival avec un concert mémorable. Entre pyrotechnies démesurées, chansons reprises à tue-tête par les festivaliers et interventions remarquées du chanteur, les Californiens ont donné tout ce qu’on peut attendre d’une tête d’affiche. Avec une seule chanson pour photographier depuis le pit, une bonne quarantaine de photographes en file indienne, une batterie presque à plat, et toute la foule à traverser pour retrouver mon sac à dos laissé derrière une fois sorti du pit, j’ai fini mon festival sur une note plutôt intense moi aussi, mais quand même époustouflé par l’énergie du show.


Pour conclure en beauté il fallait bien consacrer une partie au cœur battant de tout festival, les festivaliers eux-mêmes ! Merci aux festivaliers costumés qui ont gentiment accepté de poser fièrement.


REMERCIEMENTS

Merci à Angie et à l’organisation du Motocultor pour l’accueil impeccable de la presse. Un grand merci aux bénévoles supervisant les pits photo : Yann, Cyril, Steven, Serge, Marc, Gwenaël, et tous ceux que je n’ai pas rencontrés – pour leur travail permettant de rendre l’expérience le plus appréciable possible pour tout le monde.

Merci à la rédaction de Mad Breizh qui rend ces expériences possibles. Et merci à mes proches et collègues photographes pour leur soutien depuis le début de l’aventure.

Un petit mot d’appréciation au food-truck Cheesers pour ses grilled cheese somptueux, car qu’est-ce qu’un festival sans un food-truck mémorable ? (article non sponsorisé)

Enfin je tiens à remercier tout particulièrement Myriam et Célia de m’avoir fait confiance pour les remplacer sur cette édition, en attendant leur retour en force en 2026 !

Pour redécouvrir les photos plus en détail, partager et discuter, rendez-vous sur @madbreizhproduction et @ledamiencharles ! (Instagram et Facebook)

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