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BAD OMENS – Zénith de Paris

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BAD OMENS – Zénith de Paris – 2 décembre 2025 : la renaissance d’un groupe au sommet de son art

Note de la rédaction : les vidéos accompagnant ce live report ont été captées par téléphone, faute d’accréditations accordées aux photographes pendant cette tournée. Beaucoup de vidéos étant inexploitables pour des raisons évidentes de droits d’auteur, nous avons du limiter ces publications uniquement sur celles autorisées. Nous avons décidé de ne pas mettre les photos que les fans nous ont envoyés afin de respecter les photographes qui n’ont pas eu d’accréditation. Ce live-report sera donc bien moins vivant qu’espéré, mais ainsi va la vie.

Deux ans après l’annulation douloureuse de leur précédente tournée Européenne pour cause de burn-out de leur frontman Noah Sebastian, le retour de BAD OMENS à Paris relevait du symbole. Ce mardi 2 décembre 2025, le Zénith de la Villette affichait complet, rempli jusqu’à la dernière marche, prêt à accueillir ce groupe devenu en quelques années le fer de lance du métal moderne Américain. Le public Français, fidèle et fébrile, attendait ce moment depuis longtemps — et ce qu’il a vécu dépassa toutes les attentes. Noah Sebastian va d’entrée rallier un public suspendu à chaque souffle, démontrant que la renaissance d’un artiste peut parfois surpasser sa « chute ».

Une ouverture suspendue

Le noir total tombe. Un léger sifflement monte des enceintes, presque organique. Puis une silhouette surgit : Noah Sebastian, seul, micro à la main. “Specter” débute dans un dépouillement quasi liturgique. Sa voix, pure, emprunte des chemins falsetto d’une justesse irréprochable, oscillant entre souffle et tension. Les premières notes synthétiques flottent, soutenues d’un léger délais qui crée une atmosphère spectrale. Puis, sans prévenir, le reste du groupe entre en scène. Le morceau explose  : percussion syncopée, guitare en drop C acérée et avalanches d’échos lumineux. L’effet est cinématique. On comprend d’emblée que le show a été pensé comme une œuvre complète, visuelle autant que sonore.

Vidéo Cloé
Vidéo Cloé

Froideur et noirceur, combo gagnant

Les premières notes de « Glass House » ont résonné avec la froideur clinique d’une catharsis sonique. Guitares tranchantes, batterie chirurgicale — tout rappelait la précision quasi-mécanique de leur univers. Noah alterne entre un head voice cristallin, soutenu par une compression maîtrisée, et des growls pleins de noirceur, portés par un soutien diaphragmatique impeccable. Le jeu de lumière, basé sur des faisceaux stroboscopiques aux teintes bleu glacier, amplifie la tension dramatique. Le public entre immédiatement en transe.

Hypnotique énergie

Les premières mesures de « The Drain » plongent la salle dans une pénombre lourde, presque suffocante. L’énergie rythmique se fait hypnotique : un mid-tempo plombé, idéal pour que Noah déploie sa palette vocale. Il passe d’un falsetto fragile à un fry scream guttural, le tout avec une fluidité confondante. Sur le second refrain, une pluie d’étincelles vient lécher la scène, éclairant les silhouettes des musiciens dans un halo incandescent. Le contraste entre la froideur du son et la chaleur visuelle traduit parfaitement le thème de la dévoration intérieure du morceau.

L’élégie synthétique

Un silence s’installe avant que résonnent les pulsations moelleuses de The Death of Peace of Mind”. Noah, bras tendus vers le public, semble prêcher plus que chanter. Les nappes électroniques, minutieusement dosées, confèrent à la chanson une dimension quasi sensuelle. La performance vocale ici frôle la perfection technique : alternance entre chest voice contrôlée et fry screams puissants, chaque transition fluide et naturelle. Le public écoute, suspendu aux moindres inflexions, dans une communion rare pour un concert de metal.

Noah intimise son public

Plus intime, « Dying to Love » agit comme une respiration entre deux orages. Le public accompagne le groupe dans un chœur à demi murmurant. Noah, presque blessé dans son interprétation, joue sur les nuances de belting : une montée progressive où chaque note semble suspendue avant de retomber dans un murmure rauque. L’éclairage se teinte tandis que les écrans diffusent des visuels. Une performance habitée, quasi mystique.

Vidéo Cloé
Vidéo Célia (le tel a rendu l’âme)

Apoplexie sonore

La tension monte brutalement avec « Concrete Jungle« . Les riffs saccadés et la basse grondante créent une densité qui frôle l’apoplexie sonore. Noah module ici ses falses cords avec une maîtrise exemplaire, alternant entre fry scream et false cord distortion, donnant l’illusion d’un duel entre rage et contrôle. Les jets de flammes ponctuent chaque impact rythmique, synchronisés à la milliseconde. Le public explose. L’énergie devient presque palpable, une masse en mouvement, galvanisée par la brutalité chirurgicale de l’exécution.

Vidéo Cloé
Vidéo Cloé

Une puissance millimétrée

Avec Nowhere to Go, le tempo s’accélère et la tension monte d’un cran. Le public saute, la fosse se mue en un océan de mouvement. La rythmique percussive de Nathan Bognar, basée sur des polyrythmies subtiles, se marie à la perfection avec la basse vrombissante de Ruffilo. La voix s’adapte, passant de growls massifs à des lignes plus mélodiques toujours impeccablement placées. La scénographie joue cette fois sur des projections 3D évoquant un labyrinthe infini, tant visuel que psychologique.

Vidéo Myriam Minoxys

La force contenue

Les premiers accords de Limits ramènent l’atmosphère à quelque chose de plus introspectif. Noah chante les premières phrases presque a cappella, soutenu d’un jeu de lumière blanc cru. Puis la chanson grandit lentement, jusqu’à l’explosion finale : une montée en tension où la voix clean bascule en scream saturé, illustrant le thème même du morceau. Le public, galvanisé, l’accompagne dans une clameur quasi mystique.

Le rappel de la violence

Deuxième morceau, et déjà un virage brutal. Les lumières virent au rouge sang. Le beat saccadé et les syncopes industrielles de Artificial Suicide embrasent la fosse. Noah alterne gutturals profonds et scream mid-range d’une précision chirurgicale. Sa maîtrise de la respiration diaphragmatique lui permet d’enchaîner les séquences sans faiblir. Les riffs djent de Karlsson frappent comme des battements de cœur amplifiés. Le public, lui, rugit à chaque breakdown ; la tension est palpable, presque physique. Une véritable catharsis collective.

La débauche technologique

Après un interlude visuel hypnotique, V.A.N retentit, saturée d’effets glitch et de voix volontairement déformée. Le groupe explore ici ses penchants cybernétiques : un hybride entre metalcore et hyperpop. L’équilibre entre chaos numérique et rigueur musicale est stupéfiant. On sent un groupe qui contrôle chaque paramètre de sa mise en scène comme une compagnie de ballet.

Douceur mélancolique

L’introduction minimaliste de « Left for Good » ramène une forme de douceur mélancolique. Le chanteur y déploie un mix voice aérien, naviguant entre désespoir et résilience. Derrière lui, le groupe crée un mur sonore d’une pureté impressionnante — basse enveloppante, batterie mesurée, guitares en delay cristallin. Le jeu de lumières, cette fois plus intimiste, enveloppe la scène de teintes pastel tandis que la salle reprend en chœur le dernier couplet. Un instant de grâce suspendue, silencieuse, presque religieuse.

Vidéo Célia (le tel a rendu l’âme)

Perfect Duo

Moment phare du concert : l’arrivée de Jonathan Vigil (The Ghost Inside) en duo sur « Anything Human« . L’alchimie entre les deux voix est d’une intensité rare. Noah, précise dans ses aigus saturés, s’oppose au timbre granuleux et charnel de Vigil. Leurs voix se mêlent dans un crescendo d’émotions brutes. Les harmonies de tierces se fondent dans un chaos d’une beauté inquiétante. Le Zénith devient un océan de bras levés, la pyrotechnie rougeoyant comme un brasier de rédemption.

Vidéo Myriam Minoxys

La précision technique

Avec « What Do You Want From Me« , BAD OMENS reprend le contrôle total de la salle. Le titre, plus industriel, accentue la précision technique du groupe : nuances électroniques, compression vocale maîtrisée, et jeux de silence où chaque respiration compte. Noah y explore toute l’élasticité de son instrument, passant en une fraction de seconde du chest voice saturé à des whisper tones glaçants. Le light show vire à l’expérimental, stroboscopes et lasers croisant leurs faisceaux pour un rendu presque cinétique.

Vidéo Myriam Minoxys

L’émotion à nu

Seul sur scène, Noah revient avec une lumière bleutée sur lui seul. What It Cost, interprétée sans artifice, dévoile son timbre fragile, presque brisé. On devine entre les lignes la période sombre qu’il a traversée, celle du burn-out qui l’avait tenu éloigné des scènes. Les notes de piano s’élèvent, et la voix, légèrement saturée naturellement, tremble puis se redresse. C’est une confession publique, sincère et bouleversante. À la dernière note, un silence religieux enveloppe la salle avant une ovation tonitruante.

Communion et catharsis

Les premières notes de Like a Villain font chavirer la salle : toute l’audience reprend le refrain d’une seule voix. La voix claire de Noah atteint des aigus en mix voice impressionnants, parfaitement équilibrés entre puissance et émotion. Le contraste entre la douceur presque pop du pré-refrain et la déflagration du refrain metalcore met en évidence le génie arrangé du groupe. Les écrans LED projettent des visuels glitchés, rappelant l’esthétique dystopique de leur dernier album, tandis qu’une pluie d’étincelles tombe du plafond au moment du dernier breakdown.

Vidéo Cloé

L’explosion d’un hymne

Sans surprise, Just Pretend déclenche l’une des plus fortes réactions de la soirée. Le Zénith se transforme en chœur géant. Chaque mesure est scandée par des centaines de bras levés. Techniquement, Noah atteint ici une zone de tessiture impressionnante  sans perte d’homogénéité. La gestion du passage entre registre modal et voix de tête est exemplaire. Les musiciens livrent un travail d’orfèvre : précision métronomique, phrasés ciselés, dynamique millimétrée. Le light design amplifie le tout : stroboscopes blancs synchronisés sur les chorus, lasers verts traçant des arcs dans la brume.

Vidéo Célia (le tel a rendu l’âme)

Repousser les limites

« Impose » agit comme une épitaphe. L’atmosphère devient lourde de sens : projection de visuels abstraits, brouillard dense, alternance de noir total et d’éclats prismatiques. Noah, visage baigné de sueur et de lumière, pousse une dernière fois sa voix à la limite — un mix de fry control et de belt poussé jusqu’à la rupture. La salle retient son souffle avant l’explosion finale : une synchronisation parfaite entre le dernier cri et la déflagration des confettis argentés. Puis, le silence. Long, vibrant, respectueux.

Vidéo Myriam Minoxys

Le rappel des enfers

Après un court silence, les lumières s’éteignent. Puis, soudain, la foule s’emballe : le riff infernal de Dethrone surgit. Ce rappel est apocalyptique. Les fans martèlent le sol du Zénith, faisant littéralement vibrer les marches de la salle. Les flammes s’élèvent, les pyrotechnies se déchaînent. Noah, transporté, pousse ses limites à l’extrême, enchaînant les gutturals abyssaux et les screams en fry haute tension. C’est brutal, précis, implacable. Les musiciens, en parfaite cohésion, livrent un déferlement sonore parfaitement maîtrisé, ultime exorcisme d’un groupe revenu d’entre les ombres.

Vidéo Myriam Minoxys
Vidéo Cloé

Epilogue – Un cri de renaissance

Le public reste debout, applaudissant longuement. Noah remercie, visiblement ému. Ce concert n’était pas seulement un retour : c’était une résurrection. BAD OMENS a prouvé que son ascension n’avait rien d’accidentel : une alchimie rare entre esthétique, technicité et intensité émotionnelle.

BAD OMENS n’a pas simplement donné un concert à Paris. Ils ont purifié leurs blessures sur scène, rappelant que la fragilité peut devenir une force absolue quand elle est transcendée par l’art.

Je remercie sincèrement Live Nation pour l’accréditation presse, me permettant ainsi de vous rédiger ce live report et de partager ma passion avec vous !

J’adresse mes meilleurs remerciements à Cloé ( https://instagram.com/hima.cos?igsh=YjVsZm13dm1taHV3 ), THE Fan No1 qui était debout dès 5h00 pour être front de barrière et qui nous a partagé quelques vidéos.

J’adresse mes remerciements à toi, lecteur, qui suit mes écrits et qui est parvenu jusqu’à cette ligne !


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