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Les plus grands scandales du metal : bagarres, procès, censures et n’importe quoi

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Il y a des genres musicaux qui font la une pour un Grammy. Le metal, lui, fait la une pour des raisons qui n’existent nulle part ailleurs dans l’industrie musicale : messages sataniques cachés dans les vinyles, chanteurs traînés au tribunal, sénateurs américains ridiculisés en direct, et parfois, malheureusement, des drames bien réels. Bienvenue dans le musée des horreurs (et des trucs complètement débiles) du genre le plus incompris de la musique.


Judas Priest et l’affaire du vinyle qui parlait à l’envers

Reno, Nevada, été 1990. Il fait une chaleur à faire fondre les patchs sur les vestes en jean. Rob Halford débarque au tribunal, crâne rasé, costume noir, pour répondre d’une accusation tout droit sortie d’un épisode de X-Files version évangélique : avoir planqué des messages subliminaux dans l’album Stained Class, au point d’avoir poussé deux ados, Ray Belknap et James Vance, à se tirer dessus avec un fusil de chasse en 1985. Le procès a fini par imposer un débat à toute la société américaine : le rock, et le metal en particulier, corrompt-il la jeunesse ? Rien que ça, pour un disque qu’on écoutait surtout pour headbanger dans sa chambre.

Moment le plus wtf de l’audience : Halford finit par admettre, après des années de démenti, qu’il y avait bel et bien des pistes inversées sur le disque. L’avocat des familles jubile, croit tenir la victoire du siècle. Sauf que la défense retourne complètement la situation en révélant que les deux gamins traînaient un passé bien sombre, alcoolisme familial, violence, fascination limite malsaine pour les armes. Bref, c’était pas le disque, c’était la vie. Judas Priest ressort blanchi, et le mythe du message satanique caché dans le vinyle va rejoindre le rayon « légendes urbaines » juste à côté du crocodile dans les égouts.


Ozzy Osbourne accusé d’avoir écrit une chanson qui tue

Même délire, même décennie. En 1985, les parents d’un adolescent décédé attaquent Ozzy Osbourne et sa maison de disques en justice, convaincus qu’une parole de « Suicide Solution » avait poussé leur fils au suicide. Le Prince des Ténèbres, celui qui avait déjà pissé sur l’Alamo et croqué une tête de chauve-souris vivante comme on grignoterait des chips à l’apéro, encaisse ça avec le flegme légendaire qu’on lui connaît. Le procès est rejeté. Moralité : on peut chanter des trucs sombres, bouffer des animaux et vivre comme une catastrophe naturelle ambulante sans être responsable de tous les malheurs du monde.


Dee Snider humilie tout un Sénat en marcel

La meilleure de la série, celle qui finit en happy end absolu. 1985 : un lobby de bourgeoises de Washington baptisé le PMRC, cofondé par Tipper Gore, décide que le rock et le metal pervertissent la jeunesse américaine et dresse une liste noire, les fameux « Filthy Fifteen ». Dessus, on retrouve du lourd, AC/DC, Mötley Crüe, Twisted Sister, Def Leppard, mais aussi des groupes plus confidentiels comme Venom et Mercyful Fate.

Convoqué devant une commission du Sénat pour s’expliquer, Dee Snider aurait pu se ramasser en direct devant les caméras. Sauf que le mec débarque sobre, en costume, avec des punchlines calibrées comme des riffs de thrash. Quand Tipper Gore accuse sa chanson « Under the Blade » de faire l’apologie du sadomasochisme et du viol, il rétorque calmement que le morceau parle en réalité d’une opération chirurgicale, et que le seul fantasme malsain de l’histoire, c’est celui de Madame Gore. Direct dans les dents d’un sénateur, devant tout le pays. Trente ans après, Snider se marrera encore en repensant aux mâchoires tombées et aux regards horrifiés de toute la commission face à son look de rockeur chevelu. Un type en cuir clouté a mis une salle pleine de costards-cravates au tapis à l’intelligence pure. Le metal 1, le Sénat américain 0.


Randy Blythe accusé d’homicide, et qui revient quand même se défendre

Prague, 2010, concert de Lamb of God. Un fan de 19 ans grimpe sur scène. Le prenant pour un autre gars déjà repoussé un peu plus tôt, Randy Blythe le pousse vers la foule, pensant que le public allait le rattraper comme dans n’importe quel pit. La foule ne l’a pas fait. Le jeune homme tombe, se fracasse le crâne, tombe dans le coma et meurt des semaines plus tard.

Deux ans après, le groupe revient jouer à Prague. Scène digne d’un mauvais film d’espionnage : Blythe descend de l’avion et se fait cueillir direct à l’aéroport par des flics tchèques armés jusqu’aux dents. Cinq semaines de prison, une accusation d’homicide involontaire, jusqu’à dix ans de taule à la clé. Le twist complètement dingue : Blythe aurait pu ne jamais y retourner une fois relâché sous caution, personne ne l’aurait extradé. Il y est retourné quand même, volontairement, pour affronter le procès. Il n’avait pourtant aucun souvenir clair de ce fan. Verdict final : moralement responsable, mais pas coupable pénalement, la faute retombant surtout sur une sécurité de concert clairement à la ramasse. Acquitté, avec une cicatrice qu’il traîne encore. Il en a tiré un bouquin. Certaines histoires ne se referment jamais complètement, même avec un non-lieu.


Rammstein sortent une chanson qui s’appelle littéralement « Pussy »

Pour souffler un peu, façon after qui dégénère gentiment. En 2009, Rammstein balance « Pussy », avec une pochette montrant les têtes des membres du groupe collées sur des corps de femmes nues, et un clip franchement pornographique interdit un peu partout en Europe. Le genre de coup qui ferait tourner de l’œil n’importe quel service com aujourd’hui, mais qui a surtout prouvé une règle vieille comme le monde : interdire un truc, c’est lui offrir la meilleure pub gratuite possible.


Cannibal Corpse, le groupe qu’on n’a même pas le droit de colorier

Alors là, on touche au sublime. Cannibal Corpse traîne des décennies de censure derrière lui, albums interdits à la vente en Allemagne et en Australie, concerts empêchés en Russie sous la pression d’activistes religieux. Jusque-là, rien de très surprenant pour un groupe de death metal dont les pochettes ressemblent à la salle d’autopsie d’un film d’horreur série B. Mais le sommet absolu arrive en 2023, quand un livre de coloriage dédié au groupe se fait interdire en Allemagne avant même sa sortie. Un livre de coloriage. Pour adultes, certes, mais quand même. Le genre de groupe tellement flippant que même l’activité la plus inoffensive de la planète, colorier des monstres avec des crayons de couleur, devient une menace pour l’ordre public.


Le drame Mayhem : quand le black metal norvégien a viré au fait divers réel

Celle-là, on la raconte différemment, parce qu’elle n’a rien de fun, et ça mérite d’être dit clairement avant de commencer. Début des années 90, la scène black metal norvégienne autour du groupe Mayhem cultive une esthétique et un discours volontairement extrêmes. Ça part en vrille pour de vrai : l’entourage du groupe, surnommé l’Inner Circle, est impliqué dans l’incendie de huit églises en bois norvégiennes en 1992 et 1993. Puis le 11 août 1993, Varg Vikernes, bassiste de Mayhem sous le nom de Burzum, se rend chez Oystein Aarseth, alias Euronymous, le guitariste et leader du groupe. Il le tue de vingt-trois coups de couteau. Vikernes est condamné en 1994 à 21 ans de prison, la peine la plus lourde possible en Norvège, pour ce meurtre et pour les incendies d’églises.

Ce n’est pas une anecdote croustillante à ressortir en soirée. C’est un vrai meurtre, une vraie victime, et une scène musicale qui a dû composer avec ça pendant des décennies. On la mentionne ici parce qu’elle fait partie de l’histoire du genre, mais elle n’a rien d’un délire de rockstar. Elle rappelle juste que derrière l’imagerie et la provoc, il y a parfois eu du sang pour de vrai, et que ça n’a jamais rien eu de cool.

Entre les procès ridicules, les sénateurs humiliés, les livres de coloriage interdits et le drame bien réel du black metal norvégien, le metal aura vécu à peu près toutes les situations qu’un genre musical peut vivre. Accusé de tuer, de pervertir, de saccager les bonnes mœurs, et au final le principal dégât collatéral avéré reste l’ego de quelques politiciens ridiculisés en direct devant les caméras.

Essaye notre I.A