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Tranchées et blast beats : pourquoi le metal est obsédé par la Grande Guerre

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La boue, les obus, les gueules cassées. Et le metal qui s’en empare comme si c’était son territoire naturel. Parce que franchement, quand on y pense deux secondes, c’est une évidence absolue.

Kanonenfieber, le projet black/death allemand qui sonne comme un assaut à l’aube sous une pluie de shrapnels, fait partie des groupes interrogés dans ce mini-doc signé Tracks (Arte). Quinze minutes chrono pour comprendre pourquoi la Première Guerre mondiale et le metal forment un couple aussi naturel qu’un riff de Discharge sur fond de canon de 75.

À leurs côtés, 1914, les Ukrainiens qui ont fait de cette boucherie industrielle leur raison d’être artistique (et qui, vu le contexte actuel, donnent à leurs textes une résonance qui fout un peu les jetons), le producteur Kristian « Kohle » Kohlmannslehner, et un historien pour replacer tout ça dans son contexte. Un vrai panel, quoi. Pas juste des mecs qui ont regardé « Apocalypse » sur France 2 un dimanche soir.

Ce que ce doc pointe, c’est quelque chose que les amateurs du genre savent au fond d’eux-mêmes : le metal a toujours été atttiré par les grandes catastrophes humaines, les moments où l’humanité se retrouve à nu dans sa violence et son absurdité. Et la Grande Guerre, avec ses millions de morts pour quelques kilomètres de terrain boueux, c’est l’archétype même de ce chaos-là. L’esthétique des tranchées, les masques à gaz, les uniformes déchirés… c’est presque du metal visuel avant l’heure.

Kanonenfieber notamment, c’est un projet qui ne rigole pas avec le sujet. Black metal atmosphérique qui sent la poudre et la terre retournée, textes documentés, artwork d’époque. Pas du tout de la récup’ esthétique vaseuse, mais une vraie démarche artistique qui prend le sujet à bras le corps.

Le doc est disponible sur Arte, ça dure un quart d’heure, et c’est exactement le genre de truc à regarder entre deux albums. Court, dense, et ça donne envie de replonger dans les discographies de ces groupes avec un œil (et une oreille) différents.

Parce que le metal qui se nourrit de l’Histoire, ce n’est pas du metal qui regarde dans le rétroviseur. C’est du metal qui essaie de comprendre d’où vient la merde. Et ça, c’est tout sauf anodin. 🪖

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