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ALTER BRIDGE, Chronique d’un monde qui part en vrille (mais avec dignité)

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Vous l’attendiez, il est là sur les starting-blocks, il sort dans quelques heures, le huitième album studio éponyme d’Alter Bridge !!

Dès la première piste, Alter Bridge ne frappe pas à la porte, il la défonce, jette la sonnette par la fenêtre et te demande ensuite si tu préfères le chaos en stéréo ou très très fort.

Tout y est, les guitares de Mark Tremonti ronronnent puis mordent comme un pitbull élevé à la distorsion. La rythmique avance avec cette assurance presque arrogante de quelqu’un qui sait exactement où il va et qui t’y traine par le col. Quant à Myles Kennedy, il fait du Myles Kennedy avec sa voix capable de passer de la confession à l’apocalypse en trois respirations sans demander la permission ni s’excuser pour les dégâts émotionnels. En résumé avec « Silent divide », on assiste à une ouverture d’album qui pose le décor, le volume sonore et les intentions. Alter Bridge est de retour, en forme, et visiblement pas d’humeur à faire de la musique d’ascenseur.

Monte le son, le reste arrive…

Sur cet album, le groupe ne cherche pas à se réinventer en groupe de jazz minimaliste. Non ! Il affine son ADN, le polit à la rage et te sert des morceaux à la fois massifs et étonnamment élégants. C’est du métal moderne avec du cœur, des muscles et cette petite ride au coin de l’œil qui dit : « on a de l’expérience mais on court toujours plus vite que toi ».

Dès les premières lignes, ils accusent, pointent du doigt et disent « Tais-toi, baisse la tête, serre les dents et survis ». Ici pas de licorne, ni de calinours, on y dépeint un monde où le mensonge porte une auréole, où le traitre se grime en martyr et où la vérité doit ramper dans la boue avant de voir la lumière. C’est du heavy rock, mais surtout un rock de tranchée écrit par des types qui ont vu l’humain faire n’importe quoi avec le pouvoir et l’égo. Dans « Rue the day », le diable sourit, observe et rigole pendant que tu t’énerves tout seul. C’est le troll ultime, le pervers narcissique en costard propre avec une guitare accordée en colère.

Puis vient le morceau que ton burn-out aurait voulu écrire, « Power down ». On appuie là où ça fait mal. C’est la course à la performance, le toujours plus jusqu’à l’implosion. La souffrance ne s’arrête pas là puisque s’en suit un titre qui agit comme un feu de camp au milieu d’un champ de ruines « Trust in me », le groupe te prend par l’épaule et te parle de trahison et de foi humaine.

Si tu veux ressentir un épisode de Black mirror en drop D, file directement à la dernière piste pour écouter l’apothéose… « Slave to master ». La machine a gagné, l’innovation est devenue un dieu et l’humain, une variable obsolète. Flippant, comme le rapport d’autopsie de l’humanité morte d’avoir trop cru aux écrans, aux algorithmes et aux types qui ont les dents trop blanches. Myles Kennedy ne chante pas, il alerte et hurle dans un mégaphone pendant que tout le monde regarde TikTok. Tremonti, en écho, érige des phrases simples dites au bon moment. Loin de la démonstration de vitesse et du lyrisme flamboyant, il te marque par le malaise qu’il laisse derrière lui.

Ce nouvel album éponyme n’est pas là pour te rassurer ni te promettre un avenir radieux mais pour te réveiller comme un miroir tendu à une époque schizophrène et te rappeler que tu peux encore choisir de ne pas devenir une grosse merde.

Liste des morceaux : 

1. Silent divide

2. Rue the day 

3. Power down

4. Trust in me

5. Disregarded

6. Tested and able

7. What lies within

8. Hang by a thread

9. Scales are falling

10. Playing aces

11. What are you waiting for

12. Slave to master

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