On se pose deux secondes, j’ai lancé « Restoration » (sorti le 31 janvier 2025) de Røry en pensant que ça allait être un petit moment sympa, une ambiance chill pour replier mon linge. Résultat : mon linge est toujours sur le fil, je regarde ce pauvre tancarville en pleurant sur mon parquet.
Ça commence tout doux avec If pain could talk, what would you say. On sonne à ma porte. J’ouvre. « Bonjour, c’est le marteau-piqueur pour votre âme, je peux entrer? ». Røry pose une question existentielle, et je suis là, à 8h du matin, à réfléchir si mes traumas avaient le pouvoir de me dire comment réparer ma chaudière s’ils pouvaient parler. Et puis In the Bible arrive, le genre de morceau qui te fait croire que toi aussi tu peux soulever un hummer pour sauver un chaton angora.
L’album entier fait dresser les poils les chansons te sautent à la gorge comme un loup mi-émo mi-docteur en psychologie comportementale. Roxanne Emery chante ses peurs, s’encourage, cherche les indices de son propre cœur (spoiler alert : le coupable, c’est le passé, comme d’hab), se débat pour sa survie pour, in fine, devenir la fleur la plus dangereuse de ton jardin. Elle m’a donné envie d’ouvrir ma fenêtre et de clamer un discours des plus motivants aux mouettes du premier rang.
The Atheist, c’est le final en douceur, en étoile filante , comme s’il était possible de dire au revoir à quelqu’un que l’on a aimé si fort. On n’a pas le droit d’être aussi dramatique et beau à la fois. J’ai vu des anges tomber du plafond gras et jauni de ma cuisine. Ils m’ont dit : « C’est normal, c’est Røry ! »
En conclusion, Røry fait sa révolution intérieure avec plus de grâce qu’un flamant rose et plus de rage qu’une mouette furax. Et si tu veux en savoir plus sur sa résurrection, va vite écouter son nouveau son dark pop « Dead girl walking ». Changement d’ambiance : une montée en puissance musicale, des riffs plus lourds, un synthé plus sombre et la batterie électronique au groove sec et tranchant.




