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Le monde du rock perd un géant. Frank Beard, batteur historique de ZZ Top, s’est éteint le 17 août 2026 à l’âge de 77 ans, dans son ranch de Richmond, au Texas, entouré des siens. En soins palliatifs depuis quelque temps, il avait quitté début août la tournée The Big One! pour des raisons de santé. Un adieu discret, à la texane, comme il aurait probablement voulu.
Cinquante-cinq ans. C’est le temps que Frank Beard a passé derrière son kit, à faire vibrer les planches avec ZZ Top. Chaque album depuis 1971. Chaque backbeat. Chaque groove gras et implacable qui a fait de ce trio du Texas une machine de guerre absolue. (Oui, le gars du groupe qui s’appelle Beard était le seul sans barbe. L’univers a de l’humour.)
Billy Gibbons, la guitare et la voix du groupe, n’a pas mâché ses mots pour rendre hommage à son frère de scène : « Aujourd’hui, Elwood et moi avons perdu un grand ami et collaborateur, et le monde a perdu l’un des batteurs les plus naturellement innovants et un grand et véritable fils du Texas. Son backbeat caractéristique était essentiel pour maintenir ZZ Top au sommet. » Difficile de dire mieux. Difficile de dire plus juste.
Parce que c’est exactement ça, Frank Beard. Pas le genre de batteur qui cherche à en mettre plein la vue avec des fills interminables ou des solos de dix minutes (on ne cite personne). Non. Le genre de mec qui tient le tempo comme une ancre, qui groove avec une évidence déconcertante, qui fait que t’as envie de remuer la tête avant même d’avoir compris pourquoi. Un backbeat qui claque comme une porte de saloon. Une précision chirurgicale enveloppée dans une chaleur humaine texane.
Ce n’est pas la première alerte. Il y a environ un an et demi, Beard s’était déjà mis en retrait de la tournée du groupe pour un « problème de santé » non précisé. Son compatriote texan John Douglas avait pris sa place derrière les fûts le temps de son absence. La machine ZZ Top avait continué de tourner, mais tout le monde espérait un retour. Ça ne se fera pas.
Six décennies de carrière. Six décennies à incarner le cœur rythmique d’un des groupes les plus cultes de l’histoire du rock américain. De ZZ Top’s First Album en 1971 jusqu’aux dernières tournées, Beard n’a jamais lâché les baguettes, jamais trahi le groove, jamais failli à sa réputation de pilier discret mais indispensable.
Billy Gibbons a conclu son hommage avec cette phrase qui dit tout : « Le groupe dont il a fait partie pendant six décennies va continuer à avancer, comme il l’aurait souhaité. » ZZ Top continuera. Parce que c’est ce que font les grands groupes. Parce que c’est ce que Frank aurait voulu.
Mais ce backbeat-là, ce groove-là, cette façon bien à lui de faire swinguer le rock texan… ça, ça ne se remplace pas.
Repose en paix, Frank. Et merci pour tout ce boogie. 🤘






