Interview Didier Wampas @Hellfest 2019

65163460_2050078765287064_2542530973199761408_o

Mad Breizh : « Bonjour Didier, merci de nous accorder un peu de temps. »

Didier Wampas : « Y'a pas de quoi, pareil. »

MB : « La première fois que j'ai vu les Wampas c'était il y a une quinzaine d'années, à l'Olympic à Nantes, l'ancien cinéma… »

DW : « Ouais je me souviens de l'Olympic, c'était bien cette salle ».

MB : « …après le concert tu attendais tout le monde à la sortie et tu faisais la bise à toutes les personnes qui sortaient… »

DW : « ça va être compliqué au Hellfest ».

MB : « …Voilà je voulais te demander si tu allais faire pareil avec la Warzone ».

DW : « ça risque d'être compliqué, j'aimerais bien mais on va voir comment ça se passe ».

MB : « Pari tenu. » Il ne le fera pas malheureusement, certainement trop compliqué. « Du coup qu'est ce qui te motive toujours à autant bouger sur scène après plus de 30 ans de carrière ? »

DW : « Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ? J'ai envie de faire ça moi, ça me plait d'être sur scène. Quand je suis sur scène autant le faire à fond, ça sert à rien de monter sur scène… C'est pas un boulot quoi. Les groupes pour qui c'est un travail, tu as l'impression… Ils arrivent, ils font leur show, ils s'en vont… Tous les soirs il faut tout donner, à fond, sinon ça sert à rien de faire ça. »

MB : « C'est important de conserver ce côté, « c'est pas un travail », pour toi ? »

DW : « Ouais. »

MB : « Tu es là pour te faire plaisir ».

DW : « Non, non c'est plus important que ça, parce que il faut donner quelque chose, il faut qu'il se passe quelque chose de fort, c'est important. Si on fait ça c'est qu'on croie que c'est important, sinon on le ferait pas et… Faut le faire à fond, quoiqu'on fasse dans la vie sinon ça sert à rien quoi. Ca serait triste sinon.»

MB : « Tu as un emploi du temps un peu chargé, entre les Wampas et ton travail, même si tu travail plus maintenant, tu as cumulé ta carrière professionnelle avec les Wampas, mais aussi Sugar and Tiger, le travail avec les Bikini Machine… Est-ce que tu es hyper actif ou bien un gros bosseur ? »

DW : « Non ni l'un ni l'autre hein. Ca prends pas tant de temps que ça, ça va. Si quand je bossais je sais pas comment je faisais, je faisais vraiment les 3 x 8 à temps complet, plus les concerts, plus répéter 3 fois par semaine. Maintenant c'est plus cool je travaille plus, ça va c'est un peu mieux quand même. Mais c'est vrai que c'était whouahou. Souvent je bossais le matin, je prenais un train pour aller jouer le soir, je repartais le lendemain matin bosser. J'ai fait ça pendant 30 ans. »

MB : « Ah oui donc quand même… Est-ce que tu peux nous parler de tes motivations à tes débuts, qu'est ce qui t'a amené à jouer du rock ? »

DW : « J'avais 15 ans, bah comme plein de mômes hein voilà, je savais pas trop quoi faire de ma vie, j'étais pas très bien dans ma peau. Je me suis mis à écouter du rock'n'roll. J'ai eu la chance d'avoir 15 ans en 77, quand vraiment c'est arrivée, donc voilà j'ai écouté de la musique pendant plusieurs années et au fond de moi même, bah quand tu écoutes de la musique tu as envie d'en faire. Et puis après j'ai réussi à faire un groupe parce que j'ai rencontré un copain au lycée qui écoutait de la musique comme moi, après on a rencontrés d'autres mecs, on a dit on fais un groupe et puis voilà c'était parti. On a été dans une cave répéter et puis voilà. »

MB : « Nous à 15 ans bah on écoutaient Les Wampas, mais est-ce que tu te rends compte que tu as eu une influence sur les jeunes et que tu as toujours aujourd'hui une certaine part d'influence ? »

DW : « Non je m'en rends pas trop compte. Mais en tout cas, j'espère. Moi ça m'a apporté quelque chose la musique, quelque chose de positif donc j'essaie de retransmettre ça tu vois ? Tout simplement tout le truc positif que moi, ça m'a amené dans la vie. Pas faire semblant, pas raconter des histoires, pas faire semblant de ceci, cela, ou de faire des paroles pour faire croire à des trucs qui sont pas vrais. J'essaie d'être sincère en tout cas. Sincère et honnête, retransmettre tout ce que moi ça m'a apporté. »

MB : « Les Wampas ont connus pas mal de changement de formation… »

DW : « Ah bah plein. »

MB : « Forcément avec un groupe qui dur dans le temps, comment on fais pour quand même garder le groupe et pas arrêter ou changer ? »

DW : « Ca a été dur qu'une fois, la mort de Marc Police en 91. C'était le compositeur du groupe, c'était mon meilleur pote, là ça a été dur. On s'est un peu posé des questions. Mais sinon que tu changes de guitariste ou de bassiste, c'est pas grave. Ca change pas fondamentalement l'histoire. C'est moi qui écris les chansons maintenant, donc ça change pas… Avant c'est pas moi qui composait, mais depuis 30 ans, enfin 35 ans c'est moi qui compose tout, donc que tu changes de musiciens c'est un peu moins gênant. »

MB : « Même si c'est un musiciens bien implanté ? Philippe (guitariste dans le groupe pendant plus de 20 ans) est quand même resté longtemps avant de partir (pour entre autre tourner avec Johnny Hallyday). »

DW : « Il est resté super longtemps Philippe. Mais tu vois il y a eu un autre guitariste, maintenant c'est Effello, c'est bien aussi, c'est autre chose, c'est bien. »

MB : « Tu restes toujours en contact…avec d'autres, avec Philippe par exemple ? »

DW : « Philippe pas trop nan, il est fâché je sais pas pourquoi. C'est lui qui est partit, il est fâché c'est drôle mais bon. »

MB : « Tu as quand même connu plusieurs décennies de rock'n'roll, pour toi laquelle a été la meilleure ? »

DW : « Je vais être optimiste, j'espère que c'est la prochaine. »

Rires.

MB : « Espérons ouais. Tu es plutôt scène ou plutôt studio ? »

DW : « Y'a plein de groupe qui se disent « ouais la scène c'est plus important », mais le studio c'est quand même la base, si on est là c'est pour écouter des chansons, puisqu'il y a eu des chansons, des disques. La scène c'est comme le studio, la scène c'est génial évidemment, on en fait plein des concerts. Le studio on y est une fois tous les 2 ans, c'est un moment intense, c'est important. Les deux sont importants. Si y'a pas de studio la scène pffff… J'aimerais pas faire que tourner, faire 2 disques, ça m'intéresserait pas. »

MB : « Tu as un truc avec le vélo ? C'est une passion ? »

DW : « ouais ouais voilà. »

MB : « C'est venu comment ? »

DW : « Je regardais le tour de France petit avec mes cousins en Bretagne. Et je fais du vélo pareil, depuis 35 ans. J'ai jamais arrêté de faire du vélo, j'adore le vélo. »

MB : « Ca doit être important parce que ça paraît sur plusieurs morceaux des Wampas ? »

DW : « ouais ouais, j'aime bien le vélo alors j'en parle. »

 MB : « J'ai lu que tu écrivais toutes les paroles à la dernière minute, comment ça se passe l'écriture ? »

DW : « Ah souvent ouais, toujours un peu. »

MB : « Et tu trouves quand même l'inspiration ? y'a des trucs qui t'inspire en particulier ? »

DW : « Ah non, non non, j'essaie d'écrire des paroles tout simplement, c'est pas facile mais… En studio tu es obligé de dire des trucs tu vois, t'écris et tu le chantes. Si t'écris chez toi j'ai l'impression qu'il y a des trucs que tu oserais pas dire, tu retouches tout ça. La t'écris, tu chantes, y'a pas… C'est mieux je trouve. C'est plus vrai en plus. J'ai pas envie de reprendre mes textes et de les réécrire pendant des mois, changer un mot par ci par là, c'est pas rock'n'roll quoi. Le rock'n'roll c'est… »

MB : « C'est tout à fond. »

DW : « Voilà. »

MB : « Comment tu gères un peu ce paradoxe, le côté j'en ai rien à branler et le côté je signe chez Universal, je bosse avec Indochine, avec Nicolas Sirkis… »

DW : « On a pas signé avec Universal, on s'est fait racheter tu vois. Les maisons de disques je m'en fou moi. N'importe qui qui paie, même si c'est le crédit lyonnais qui va me donner de l'argent pour faire mon disque j'en ai rien à foutre. Faut bien payer, les studios faut bien les payer. Donc si c'est n'importe qui qui paie le studio je m'en fou. Universal c'est l'idéal, ils paient alors qu'on leur fait perdre de l'argent. Y'a pas mieux que faire un disque chez Universal, en plus faire perdre de l'argent à Universal, c'est royal quoi. »

MB : « C'est du sabotage en interne. »

DW : « Sur un petit label t'es emmerdé, parce que tu te dis, putain si jamais ils perdent de l'argent, qu'on en vends pas assez… Chez Universal, vous allez vous faire foutre, tant mieux vous avez perdu de l'argent, vous nous viré, j'en ai rien à foutre... »

MB : « Justement, tu n'as jamais eu envie de créer un label indépendant… »

DW : « ... Indochine c'est pareil, Nicolas m'avait demandé, alors j'ai pris des bouts de paroles que j'avais pas utilisé, j'ai tout collé ensemble et je lui ai filé. Rires. En plus il avait changé les paroles. J'arrive en studio avec Indochine, il me dis, « là tu vois le couplet on a réécris, c'est bien ce que t'as fait mais tu vois j'ai réécris ça ». J'ai dit « ouais ouais ouais », je suis allé derrière le micro, j'ai pris mon texte, j'ai chanté. Personne n'a rien dit. » Rires.

MB : « Ouais je disais, c'est jamais un truc qui t'a donné envie de créer un label pour soutenir des petits groupes ? »

DW : « Nan, je suis pas une banque, je suis pas… J'ai pas envie, j'ai pas envie de ça moi. Tu montes une maison d'édition, un label, après il te faut un comptable, faut rendre des comptes à la fin de l'année, j'en ai rien à foutre. Nan nan nan c'est pas mon truc du tout. Je veux continuer à faire ça, comme je rêvais que c'était à 15 ans. Quand j'ai dit ça tout à l'heure c'est vrai. J'imaginais faire du rock'n'roll comme… tu vois… Je vois plein de groupes américains, enfin j'en vois plein…. De temps en temps je vois des groupes américains tout ça, qui y arrivent, tu te dis laisse tomber quoi. Je veux pas devenir comme eux quoi. Un gros con qui…enfin tu vois. J'ai pas envie de devenir un homme d'affaire, je m'en fou quoi. Et puis même un petit label, t'as les mains dedans, après t'es un petit artisan il te faut ton truc… il te faut un crédit pour ceci… J'ai pas envie, je veux continuer à m'en foutre. Comme je disais tout à l'heure, avec Universal c'est l'idéal, leur faire perdre de l'argent j'en ai rien à foutre. »

MB : « Tu as eu l'occasion de faire pas mal de choses dans ta carrière, entre l'eurovision, les victoires de la musique, tu as fait des milliers (j'ai pas compté, peut être exagéré ?) de concerts, des albums à tout va, est-ce que il y a une expérience qui t'as marqué plus que les autres ? »

DW : « J'en sais rien. Tu sais on a pas fait grand-chose, on a fait quelques trucs. Ouais l'eurovision, moi j'aime pas aller à la télé mais voilà… Les rares fois où on me demande, j'y vais, en espérant qu'on ne me demande plus d'y aller. C'est ce qui se passe, depuis 10 ans on me demande plus d'y aller. Tant mieux, parce que c'est un peu… J'aime pas dire non au truc tu vois. Si on me demande de faire quelque chose c'est que…tu assumes, t'y va et voilà. Je fais en sorte qu'on me demande pas mais voilà… Sinon t'y vas ouais. »

MB : « Et un truc que tu n'as pas fait que tu aimerais faire ? »

DW : « Tu veux un truc que j'ai jamais fait ? Non, y'a plein de trucs, j'en sais rien non, écrire une bonne chanson un jour. Ouais mon truc c'est d'écrire des bonnes chansons et de toucher les gens, faire quelque chose. Un peu apporter mon… si je peux faire quelque chose pour aider, pour que ça aille mieux… voilà. Sinon matériellement je m'en fou, j'ai pas envie de jouer dans tel festival, vendre tant de disque… Je m'en fou quoi. Je veux continuer à faire des concerts, écrire des chansons, voilà. »

MB : « Qu'est-ce que tu penses de la musique aujourd'hui ? »

DW : « J'en sais rien, aujourd'hui on a de la chance, on peut écouter ce qu'on veut. Quand j'étais môme y'avais 3 radios et pas internet. Aujourd'hui t'écoutes ce que t'as envie donc c'est cool. T'écoutes la musique que t'as envie, je sais pas si c'est mieux mais… C'est ni mieux ni moins bien, y'a plus de moyen de diffusion c'est vraiment différent mais… Je sais pas si c'est mieux ou moins bien, j'en sais rien. »

MB : « Tu écoutes quoi en ce moment ? Tu écoutes des trucs en particulier ? »

DW : « J'essaie d'écouter plein de trucs différents, je continu à lire tous les magazines, surtout anglais ou américains, si c'est français c'est un peu chiant. J'essaie de lire tous les magazines, d'écouter tout ce qui sort un peu et de me tenir au courant. Ouais j'aime bien… J'adore faire ça. Tu vois prendre un magazine, prendre mon ordinateur et écouter tout ce qui est.. les disques… j'adore faire ça. Voilà, y'a pas un truc en particulier qui me vient aujourd'hui, j'adore écouter les nouveautés et essayer de découvrir des trucs. Mais c'est rare. Pour le rock'n'roll, c'est sûr que c'est pas une période très très riche. Heureusement j'écoute plein de trucs différents, j'écoute de la musique classique, du jazz, de la country, j'écoute plein de musiques différentes et heureusement. Parce que si j'écoutais que du rock'n'roll…. Ça serait dur des fois. »

MB : « Si tu devais initier quelqu'un au rock'n'roll, quelqu'un qui n'y connaît rien, tu lui conseille quels albums ou artistes ? »

DW : « Le live des Ramones, c'est le meilleur disque de rock'n'roll. Qu'on ne refera jamais je pense. On ne fera plus jamais un truc comme ce live. C'est le meilleur disque de rock'n'roll de tous les temps. »

MB : « J'avais vu une vidéo quand j'ai commencé la guitare, dans laquelle tu disais que la guitare c'était une grosse arnaque, qu'il fallait 2 doigts pour jouer tous les morceaux des Wampas, tu aurais un conseil pour quelqu'un qui voudrait débuter la musique ou un groupe ? »

DW : « Ah non surtout pas non j'ai pas de conseils, rien du tout. Ah non j'ai pas de conseils, faut faire ce qu'on a envie et essayer d'être détaché de… du matériel. »

MB : « C'est déjà un bon conseil, faire ce qu'on a envie. »

DW : « Ouais voilà. Quand je vois des mômes qui disent « j'ai envie d'être intermittent », moi ça me tue quoi. Les mômes ils ont 18 ans, leur but dans la vie c'est d'être intermittent. Si tu veux être artiste t'es pas intermittent quoi, tu vois ? L'intermittence c'est bien mais c'est pas un but en sois quoi. C'est comme dire j'attends la retraite, c'est la même chose, c'est aussi con quoi. Si tu veux être un artiste, tu en vivra peut être pas, mais voilà… Le plus important c'est d'essayer d'écrire une chanson on de faire un tableau ou un livre qui va changer le monde, ou même changer une personne. Le but ça devrait être d'écrire une chanson qui unjour change la vie d'une personne. Mais c'est pas être intermittent putain, on en a rien à branler quoi. »

MB : « Tu feras quoi si un jour tu ne peux plus tourner ? »

DW : « J'en sais rien, j'en sais rien. J'en sais rien du tout, je continuerais à… j'en sais rien. Si je peux plus tourner ça veut dire que je peux plus faire de vélo, je peux plus faire de kayak, je peux plus faire grand-chose. Je lirais, j'écouterais de la musique. »

MB : « On te rencontre dans le cadre du Hellfest, est ce que c'est une date que tu abordes différemment d'une autre ? »

DW : « Chaque date est vraiment différente, chaque date est importante et chaque date c'est un truc… faut tout faire tous les soirs, c'est jamais gagner, faut y aller tous les soirs. Oui c'est plus gros, y'a pas de règles. »

MB : « En général avant de monter sur scène tu es dans quel état d'esprit ? »

DW : « Ca dépend c'est pareil, je stress moins qu'au début hein.. heureusement. »

MB : « Et en sortant de scène ? Tu dois être rincé ? »

DW : « Ouais. Généralement ouais, au bout d'une heure, une heure et demie de concert, surtout les grandes scènes, il faut courir, c'est comme un marathon pratiquement. Tu cours pendant une heure et demie, tu cours, tu sautes, pendant une heure et demie tu escalades. Je suis fatigué, je tiens une heure à peu près, après y'a plus rien. Je tiens sur les nerfs un peu. »

MB : « Ma dernière question, on te retrouve ou dans 10 ans ? »

DW : « Et bien ici, là, peut être, j'en sais rien. »

MB : « Hellfest 2029. »

DW : « Ah ouais, moi je veux bien ouais. »

MB : « Le rendez-vous est pris ».

DW : « Voilà ouais. »

MB : « Merci beaucoup pour ton temps et bon concert car il faut qu'on arrête ». L'attachée de presse se manifeste à l'entrée car le prochain média attends.

DW : « Merci beaucoup à vous. C'est marrant ce genre de truc, ça arrive une fois par an, tout le monde veut me voir. »

Ghost et All them Witches en France en décembre !
Interview Stinky @Hellfest 2019

Sur le même sujet:

Image
Mad Breizh Webzine est géré par l'association MadBreizh. Pour tout contact avec La production et l'organisations d'événements contacter mbproduction (@) madbreizh.com. Pour toutes demandes spécifiques au webzine contacter editorial(@) madbreizh.com et pour toutes demandes de chrnoniques, news ou autres utilser les formulaires de contacts aussi. Merci
Mad Breizh webzine est une organisation Mad Breizh Prod association. Certains contenues ont des droits d'auteurs. (c) Mad Breizh 2020 - Since 2015
Plan du site - Conditions Général d'utilisation