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LE CAUCHEMAR SYMPHONIQUE ICE NINE KILLS

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Le cauchemar symphonique ICE NINE KILLS du vendredi 21 novembre dernier est gravé dans le métal.

Note de la rédaction : aucune accréditation photo n’ayant été validée pour les médias, nous avons décidé de faire au mieux pour vous fournir un live-report immersif, peut être en décalage avec ce qu’il se fait en temps normal, mais nous ne pouvions concevoir l’idée de fournir un LR avec les photos identiques fournit par le groupe à tous les médias. ICE NINE KILLS étant à l’opposé de ce qu’il se fait dans le « politiquement correct », nous faisons également un pas de côté en utilisant, avec leur accords, les photos et vidéos que quelques fans nous ont fournit. Alors oui la qualité n’est pas au rendez-vous (c’est là que l’on voit l’importance du photographe accrédité) mais l’idée d’un copier/coller d’images identiques pour toute la presse musicale nous semblait dérangeant. Ce report sera donc aussi atypique que le groupe. Ne vous en déplaise.

La Salle Pleyel a troqué ses velours feutrés pour des éclaboussures de sang. Devant une fosse complète, ICE NINE KILLS a transformé l’élégance haussmannienne du lieu en un grand théâtre de l’horreur. Ce concert Parisien relevait moins d’un show de metalcore classique que d’une pièce de théâtre macabre où la folie, le sang et la satire dansante régnaient sans partage.

L’ouverture au coeur des ténèbres s’annonce dès l’ouverture avec « Meat and Greet« . Le public est très réceptif dès le départ et, depuis le carré or, nous profitons pleinement et temporairement assises de cette magistrale ouverture. Temporairement car forcément, il est impensable de rester assis sur ce type de concert et c’est très rapidement que les rangées se lèvent telle une armée prête à en découdre avant le déchaînement qui ne s’arrêtera, on le constatera, qu’à la fermeture des portes.

VIDEO ELYAS WRASCKI
VIDEO ELYAS WRASCKI
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Avec “Funeral Derangements”, le ton est donné immédiatement et Spencer Charnas confirme ce que le public sait déjà : ICE NINE KILLS ne joue pas seulement sa musique, il la met en scène. En effet, chaque chanson est un film miniature, chaque riff un couteau de montage sonore qui lacère le silence. Les lumières virent au rouge vif, les cris du public montent en cadence : la tension s’installe, palpable, viscérale.

VIDEO ELYAS WRASCKI
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Quand résonnent les premières notes de “Hip to Be Scared”, hommage délirant à American Psycho, Spenser endosse le costume de Patrick Batemane. Entre deux accès de folie, il manie sa hache comme un maestro. La mise en scène, millimétrée, cultive une ironie qui fascine autant qu’elle révulse : entre rires nerveux et cris d’exaltation, le public participe à cette grande messe de la déraison.

VIDEO ELYAS WRASCKI
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« Stabing In The Dark« , inspiré par la saga Halloween, rentre en scène. Le morceau se transforme en véritable slasher live, avec masques, faux sang et jeux de lumière qui accentuent chaque cassure rythmique et chaque breakdown, donnant l’impression d’assister autant à un film qu’à un concert. Entre les riffs affûtés, les refrains taillés pour être hurlés en chœur et la performance habitée de Spencer Charnas, ce titre devient le point culminant d’un set pensé comme une nuit de cauchemar partagée, où le public se fait complice de cette mise en scène gore et jubilatoire en se lançant dans un pogo effrené.

VIDEO ELYAS WRASCKI
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La chanson « Wurst Vacation« , inspirée de la série torture horreur « Hostel« , est un moment fort du show, mêlant une ambiance sombre et des performances scéniques captivantes avec des acteurs et des effets visuels impressionnants. La puissance vocale de Spencer et l’énergie du groupe rythment cette histoire tragique de débauche et de survie, faisant de ce titre un incontournable de leur setlist.

S’ensuit un interlude plus léger (même si on aurait préféré avoir « Rocking The Boat« ) avec la chanson « Walking On Sunshine« .  Le titre commence comme un hymne ensoleillé, avec un côté super fun entre la mélodie joyeuse et l’esthétique slasher. ​
Les musiciens gardent le côté catchy du refrain tout en le blindant de guitares plus lourdes et d’arrangements ska, ce qui fait chanter tout le monde tout en gardant une vraie énergie métal.

VIDEO ELYAS WRASCKI
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On sent la tension monter d’un cran avec l’arrivée de “Rainy Day” qui ouvre comme une alerte rouge, un signal d’évacuation lancé en pleine tempête zombie, directement inspirée de l’univers Resident Evil. Porté par un refrain massif et ultra accrocheur, le morceau balance entre électro martiale et metalcore survitaminé, comme une course désespérée dans des couloirs infestés, lampe torche tremblante à la main. Sur scène, chaque “Run!” claque comme un ordre militaire et le public réagit en une seule vague, repris par ces chœurs qui sonnent comme des voix dans l’oreillette d’un dernier survivant. Les riffs tranchants et la rythmique bondissante donnent l’impression de progresser niveau après niveau, jusqu’au breakdown final qui tombe comme un “Game over, you died” en lettres sanglantes. Au milieu de ce chaos, la chanson garde une dimension quasi cinématographique, transformant la salle en laboratoire en quarantaine où l’on danse sur la fin du monde.

VIDEO ELYAS WRASCKI
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S’ensuit encore deux titres comme « The Great Unknown » et « Ex-Mørtis » qui a consolider l’attache et le dévouement des fans à leur groupe. Pas une parole n’a échapper aux spectateurs qui scandaient sans relâche les chansons tout en martelant le sol.

La chanson « Farewell II Flesh » a offert un moment intense et puissant. La performance sur scène était captivante, avec un mélange parfait d’émotion et d’énergie brute qui a immédiatement marqué le public. Les musiciens ont su retranscrire l’atmosphère sombre et dramatique du morceau, amplifiée par des effets visuels impressionnants et une mise en scène soignée. Le chanteur Spencer Charnas, très investi, a su transmettre toute la profondeur des paroles à travers son interprétation.

VIDEO CELIA VICENTE

Entre frisson et catharsis, « The Laugh Track » plonge la salle dans un théâtre de cauchemar. Les premières notes, sinistres et théâtrales, installent un décor digne d’un film d’horreur des années 80. Spencer Charnas mène la danse comme un maître de cérémonie fou, entre rires nerveux et hurlements possédés. Les guitares tranchantes s’entrechoquent avec une section rythmique implacable, créant une tension presque cinématographique. On rit, on crie, on se perd entre folie et jubilation : un pur moment de terreur jubilatoire.

VIDEO CELIA VICENTE
VIDEO ELYAS WRASCKI
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Après avoir interprété « The Greatest Story Ever Told » et sous les lumières aveuglantes et les hurlements exaltés du public, « The Shower Scene » prend vie comme un cauchemar de cinéma. Spencer Charnas incarne un psychopathe de slasher movie, mélange de charme grinçant et de folie meurtrière. Les guitares tranchent l’air tel un couteau dans la chair, la batterie saccade comme un cri étouffé derrière un rideau de douche. Chaque note évoque la tension moite de Psycho, tandis que la mise en scène plonge la salle dans une tempête d’angoisse jubilatoire. C’est du théâtre macabre et jouissif, du métal qui saigne, mais avec le sourire du tueur.

VIDEO MYRIAM MINOXYS
VIDEO ELYAS WRASCKI

Sans pause, “Welcome to Horrorwood” enchaine, et la scénographie explose. Des acteurs masqués envahissent la scène, simulant un tournage de film tout en répandant litres de faux sang et lambeaux de chair factices. “Welcome To Horrorwood” s’ouvre comme un générique sanglant : les lumières virent au rouge, un motif piano / acoustique installe un faux sentiment de glamour avant que le mur de guitares ne défonce le quatrième mur. Derrière les paillettes, le morceau dissèque l’autre visage d’Hollywood, celui des coulisses pleines de contrats tacites, de carrières sacrifiées et de rêves qui se terminent dans une mare de faux sang. Le public est happé dans un faux studio de cinéma où chaque break sonne comme un cut brutal de réalisateur et chaque mosh part comme une scène de meurtre chorégraphiée.

VIDEO ELYAS WRASCKI
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Le concert touche à sa fin et c’est en toute logique que le titre « IT is The End » a été le dernier joué. Spencer Charnas a dirigé la foule comme un metteur en scène de film d’horreur, chaque cri répondant à celui du public. Les lumières stroboscopiques, les effets sanglants et la puissance du refrain ont transformé la fosse en scène de cauchemar collectif. « IT is The End » n’a pas seulement clos le concert : la chanson a signé l’apothéose d’un spectacle où le métal et la mise en scène ne faisaient plus qu’un.

VIDEO CELIA VICENTE
VIDEO CELIA VICENTE

C’est à la fin de ce titre que ICE NINE KILLS s’éclipse de la scène pour le rappel. La salle Pleyel s’est mise à clamer leur retour. Après un petit temps, les membres resurgissent sur scène pour reprendre deux titres.

« American Nightmare » a surgi comme un raz-de-marée horrifique, plongeant la foule dans l’ombre oppressante d’un Freddy Krueger ressuscité.
L’atmosphère était électrique : riffs tranchants comme des griffes, breakdowns qui font trembler les os, et le hurlement de Spencer Charnas évoquant une berceuse maudite dans la nuit rampante.​
Inspirée directement de A Nightmare on Elm Street, la chanson incarne le cauchemar américain – rêves tordus en bain de sang, comptant les corps pendant qu’on compte les moutons. Un hymne metalcore implacable qui hante bien après les lumières rallumées, prouvant pourquoi ICE NINE KILLS règne sur le horrorcore. Le moins que l’on puisse dire est que le public était chaud.

VIDEO CELIA VICENTE
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Lorsque débute “A Work Of Art”, la tension atteint son comble. Une femme sur le point d’accoucher se voit littéralement arracher son nouveau né avant de succomber au choc. La scène se transforme alors en véritable performance d’horreur. Le vice est poussé jusqu’à jouer avec ce mannequin de nouveau-né suspendu par le cordon ombilical. Art saisit le faux bébé qu’il balance au-dessus de sa tête, en cercle, dans une danse délirante. L’image, à la fois grotesque et terriblement perturbante, glace l’échine tout en captivant chaque regard. Ce moment résume tout le génie et la démesure d’ICE NINE KILLS : repousser les limites du bon goût pour atteindre une forme d’art morbide et brillante.

VIDEO CELIA VICENTE

C’est une vraie communion macabre avec le public. Rarement un groupe parvient à un tel degré de symbiose avec son public. À Pleyel, la foule vibrait à l’unisson, scandant chaque refrain, mimant chaque meurtre théâtral. Des circle pits éclataient même entre les rangées, chose presque impensable dans une salle habituellement dédiée à la musique classique. Le contraste renforçait le sens de la transgression : ce soir, les convenances parisiennes cédaient la place à la démence collective.

Musicalement, ICE NINE KILLS joue à fond la carte du slasher metalcore : couplets rampants, refrains taillés pour être scandés à pleins poumons, solos véloces qui tracent comme une poursuite en voiture sur Sunset Boulevard. Textuellement, le titre n’adapte pas un film précis, mais cannibalise tous les tropes du genre – le “classic killer”, le fondu au noir, le retour de la suite – pour en faire une métaphore caustique de l’industrie du divertissement où tout le monde “tuerait” pour un rappel. En concert, quand Spencer hurle les dernières lignes sous une pluie de strobes, “Horrorwood” n’est plus seulement un décor : c’est la ville entière qui devient un plateau maudit, et la fosse, un casting de figurants prêts à signer leur contrat en lettres écarlates. L’effet est saisissant : à la Salle Pleyel, le heavy metal devient spectacle total, presque opératique dans sa violence et sa beauté chorégraphiée.

Le concert s’achève en apothéose . La salle s’effondre sous les acclamations, trempée d’adrénaline et de stupeur. Lorsque les lumières se rallument, on distingue sur les visages un mélange de choc et d’admiration : personne n’était venu simplement assister à un concert, mais à un rituel macabre partagé.

ICE NINE KILLS a réussi à faire d’une salle mythique du chic parisien un véritable abattoir artistique. Une messe horrifique inoubliable. Chaque détail, du jeu des figurants à la précision sonore à la chorégraphie sanguinolente, témoignait du professionnalisme du groupe et du soin extrême porté à la mise en scène. Les spectateurs, conquis, sortaient de Pleyel avec ce sourire paradoxal propre à ceux qui ont frôlé l’indicible en musique.

Si on peut toutefois fortement regretter la décision du groupe à n’octroyer aucune accréditation photographe (on a du se rabattre sur les photos et vidéo faites au téléphone par des fans du premiers rangs), le concert manquait également et cruellement d’interaction avec le public. Le show était magistral, mais sans échange. Paris a quand même manqué de bol vis à vis des autres villes, on peut le dire. Mais on va se focus sur le fait que dans le monde du metal contemporain, rares sont les groupes capables d’un tel équilibre entre spectacle total, virtuosité musicale et second degré terrifiant. ICE NINE KILLS, ce soir-là, n’a pas juste donné un concert : il a offert à Paris une œuvre d’art sanglante et jubilatoire.

Merci infiniment à VERYSHOW PRODUCTIONS pour cette soirée inoubliable et cette organisation impeccable. Leur travail, d’une exigence rare, a permis à cette folie scénique de s’exprimer dans les meilleures conditions possibles. Mes remerciements également au staff sécurité et à leur gentillesse. La collaboration entre ICE NINE KILLS, VERYSHOW PRODUCTIONS et la Salle Pleyel a accouché d’une expérience aussi maîtrisée qu’apocalyptique – un cauchemar dont le public ne voulait pas se réveiller.

Remerciements à Célia VICENTE malgré un micro du téléphone qui a rendu l’âme (insta https://www.instagram.com/celia_vcnte/ ) et à Elyas WRASCKI (insta https://www.instagram.com/wraskore/ ) pour les vidéos.

Live report : https://www.instagram.com/minoxysphotography/

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