RISE OF THE NORTHSTAR a déclenché un véritable cataclysme au Stéréolux de Nantes ce 16 novembre dernier, dans une salle archi-comble en mode étuve. Dès les premières secondes, le concert a pris des allures de déflagration hardcore-manga où chaque riff, chaque cri et chaque flash de lumière semblaient vouloir faire exploser les murs de la salle.
Le ton est donné bien avant l’extinction des lumières : devant les portes, la foule compacte, hoodies, vestes à patchs et t-shirts à effigie de ROTNS, ne laisse aucun doute sur le succès de la date. La mention “complet” n’a rien d’un argument marketing de dernière minute, c’est une réalité palpable : impossible de se frayer un passage sans jouer des épaules, du premier rang collé à la crash-barrière jusqu’au fond de la fosse et de l’étage.

Quand la sono crache les premières ambiances d’intro, la salle bascule d’un simple brouhaha d’attente à un rugissement collectif, mélange de cris, de sifflets et de slogans scandés. L’air se charge instantanément d’électricité, ces secondes de noir total où chacun retient son souffle avant l’impact sont déjà un avant-goût de l’ouragan à venir. On sent que le public n’est pas venu “voir un concert”, mais vivre un combat, un épisode live d’un animé ultra-nerveux.
La scénographie plonge immédiatement dans l’univers si particulier de RISE OF THE NORTHSTAR, ce croisement mutant entre New York hardcore des 90’s, culture manga shonen et imagerie de rue nippone. Le backdrop évoque un Neo Paris saturé de néons, de kanjis agressifs et de visuels inspirés de l’animation japonaise, comme un décor de baston final où chaque titre serait un nouveau boss à affronter. Les structures de scène, sobres mais massives, encadrent le groupe dans un rectangle lumineux qui rappelle les cases d’un manga en pleine explosion.

Les musiciens apparaissent dans leurs tenues signature, entre streetwear et influences japonaises : logos stylisés, références aux yakuzas de papier glacé, attitude de gang soudé prêt à en découdre. Cette esthétique n’est jamais cosmétique ou gadget : elle raconte une histoire, celle d’un crew qui a choisi de faire du concert une extension de son univers narratif, comme si chaque morceau était un chapitre supplémentaire d’une saga ultra-violente mais fédératrice.
Au centre de tout, le chanteur est un véritable réacteur nucléaire. Il ne marche pas, il bondit, il ne se contente pas de chanter, il éructe, aboie, harangue, se penche au-dessus du pit pour chercher les regards et provoquer les premières vagues de pogo. Pas une minute de répit : il traverse la scène en diagonale, saute sur les caissons, se plie en deux sur les breaks, repart en sprint sur les refrains, toujours en mouvement comme s’il refusait que l’intensité redescende d’un millimètre.

Ses cris tranchent dans le mix comme une lame affûtée, alternant flow scandé façon hip-hop agressif et hurlements hardcore, avec cette diction qui martèle chaque syllabe comme un coup de poing. On le voit s’acharner à maintenir la pression : quand un cercle pit faiblit, il le relance d’un geste sec ; quand le chant se calme, il fait monter le chœur du public à la seule force de ses bras levés. À plusieurs moments, on a presque l’impression qu’il dirige un dojo en transe, plus qu’une salle de concert. Ce frontman est la définition d’une éruption permanente.
Autour de lui, le reste du groupe avance comme une machine de guerre parfaitement huilée. Les guitares envoient un crossover massif, riffs tranchants et accords descellés qui empruntent autant au beatdown contemporain qu’au thrash frontal. Chaque palm mute se traduit physiquement dans la fosse par une secousse, chaque breakdown déclenche une vague de corps projetés en avant. La basse, lourde et claquante, colle les lignes au plexus, pendant que la batterie terrasse tout sur son passage, charley claquée et caisse claire qui sonne comme une gifle.

L’alchimie entre eux est évidente : les regards s’échangent, les placements se synchronisent, et malgré l’énergie débridée, tout reste sous contrôle. Sur certains passages, le groupe se fige brutalement sur un silence avant de repartir en synchro parfaite, effet coup de masse garanti. Cette précision transforme chaque titre en charge millimétrée, sans jamais sacrifier la sauvagerie qui fait l’ADN de RISE OF THE NORTHSTAR.
La setlist, pensée comme un combat et centrée sur la période récente du groupe, est construite comme un arc narratif : montée en tension, séquences de violence pure, rares respirations avant un final à bout de souffle. Les nouveaux titres s’enchaînent en rafale, portés par des refrains taillés pour être repris à pleins poumons, tandis que les incontournables plus anciens surgissent comme des uppercuts nostalgiques, déclenchant immédiatement un chaos organisé dans le pit.

Leur dernier album, « Chapter 04 : Red Falcon Super Battle! Neo Paris War!! », sorti le 14 novembre 2025, était largement mis en avant avec des titres comme “Back 2 Basics”, “Neo Paris” ou encore “A.I.R. Max” qui ont déclenché une ferveur intense.
La tournée européenne, baptisée Europe Neo Tour 2025, marque une étape clé dans l’évolution du groupe. Ils ont présenté une mise en scène travaillée, adaptée à la dimension de la salle, montrant une montée en puissance constante dans leur carrière.
Chaque transition est l’occasion de resserrer le lien avec la salle. Le frontman joue avec l’idée de “clan”, de “famille”, renvoyant à l’univers manga qui irrigue tout le projet du groupe : ici, personne n’est simple spectateur, tout le monde fait partie de la même armée, de la même bande de “kids” qui refusent de laisser retomber l’énergie. Le sentiment d’appartenance est tangible, surtout quand la foule hurle les slogans en chœur, poings levés, sous une pluie de stroboscopes.

Si le son cogne fort, le travail lumière n’est pas en reste et participe à cette sensation de se prendre le show “en pleine tête”. Les strobos mitraillent la scène sur les passages les plus violents, découpant les silhouettes des musiciens en flashs saccadés qui donnent l’impression d’être plongé dans un animé en mode speedline. Les faisceaux blancs viennent frapper la salle comme une tempête, tandis que les couleurs saturées – rouges sang, bleus électriques, verts acides – s’alignent sur les visuels Neo Tokyo déployés en fond. C’est un véritable uppercut visuel.
Sur certains breaks, la scène se retrouve plongée dans un quasi-noir, simplement traversée par quelques rais de lumière qui soulignent la tension avant la reprise. À d’autres moments, c’est une explosion totale, un mur de lumière qui envahit Stéréolux et donne l’impression que le plafond va s’ouvrir. Les effets sont au service des morceaux, jamais décoratifs : chaque drop est accompagné d’un impact lumineux, chaque montée semble s’illimiter dans un halo aveuglant.

Dans la salle, impossible de rester statique. Dès les premières mesures, la fosse se transforme en tourbillon : pogo massif au centre, circle pits qui s’ouvrent et se referment comme des vortex, slams qui traversent la foule d’un bout à l’autre de la salle. Le mouvement ne s’arrête jamais vraiment, il change seulement de forme, parfois plus frontal, parfois plus bondissant quand le groove prend le dessus sur la violence brute.
À plusieurs reprises, le public prend littéralement le contrôle, transformant les refrains en chant de stade, couvrant par moments le système son. Les sourires échangés entre inconnus, les tapes sur l’épaule après un slam un peu trop appuyé, montrent que sous la carapace agressive, c’est bien une grande célébration collective. Le concert ressemble alors moins à un simple spectacle qu’à un grand rassemblement de fans qui partagent les mêmes codes, la même passion pour ce mélange improbable de hardcore et de culture manga.

Ce qui frappe tout au long de la soirée, c’est la cohérence globale de l’univers de RISE OF THE NORTHSTAR. La musique, la scénographie, l’attitude, les références dispersées dans les visuels comme dans l’attitude du groupe, tout pointe vers ce concept de “clan” surgissant d’un Neo Paris fantasmé, nourri autant de pop culture japonaise que de bitume européen. On pense aux shonen où les héros se relèvent toujours, plus déterminés encore, et c’est exactement l’énergie qui se dégage du show.
Loin d’un simple gimmick esthétique, cette fusion donne au concert une identité forte. On ne sort pas seulement avec la mémoire saturée de riffs et de cris, mais avec l’impression d’avoir traversé un épisode entier d’une série que l’on suit depuis longtemps, et dont chaque tournée constitue une nouvelle saison, plus dense, plus intense, plus radicale.

Au moment des derniers saluts, le groupe, visiblement rincé mais toujours déterminé, prend le temps de remercier le public, qui répond par un vacarme continu, comme s’il refusait de laisser retomber la pression. Les mains se tendent et l’on sent dans les regards une forme de satisfaction furieuse : celle d’avoir tout donné pendant un peu plus d’une heure et d’en sortir lessivé, mais grandi.
Impossible de conclure sans saluer le travail de N-Syndicate Productions et les remercier très sincèrement pour les accréditations photo et presse, qui ont permis à ce show de prendre toute son ampleur dans un Stéréolux sold-out parfaitement adapté à l’ampleur et à la démesure du clan ROTNS. On ne peut qu’espérer revoir très vite RISE OF THE NORTHSTAR repasser par Nantes, histoire de replonger, encore et encore, dans cette tempête hardcore-manga qui laisse le corps brisé mais le cerveau en feu.

Photo : © Clément Coupin : https://www.instagram.com/clemnt.cpn/
Report : Myriam Minoxys : https://www.instagram.com/minoxysphotography/


















































