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Dans une nouvelle interview accordée à Ollie Winiberg pour Drummer’s Review, le batteur de MEGADETH, Dirk Verbeuren, est revenu sur son arrivée dans le groupe il y a une dizaine d’années.
Avant lui, c’est Chris Adler (LAMB OF GOD) qui avait enregistré toutes les parties de batterie sur l’album Dystopia (2016) et assuré les tournées quand son agenda le permettait.
Dirk confie :
“Je ne vais pas mentir, c’était intense, mentalement. Mais en même temps, toutes les années avant ça, tout le travail que j’ai fourni, que ce soit avec SOILWORK, d’autres groupes, ou comme musicien studio et live, m’ont préparé à ce moment.
Au final, ton parcours te mène là où il doit te mener. À ce moment-là, je me suis dit que je devais me faire confiance. Et je l’ai fait.
Ce qui m’a aussi beaucoup aidé, c’est l’accueil de Dave [Mustaine] et du groupe. Ils ont été super bienveillants, surtout en sachant que j’avais très peu de temps pour apprendre le set avant le premier concert. Ensuite, j’ai pu affiner les détails avec le temps.”
“Jouer avec Dave Mustaine, c’est irréel”
Interrogé sur ce que ça fait de jouer avec une icône comme Dave Mustaine, Dirk ne cache pas son admiration :
“Ouais, c’est complètement irréel. J’ai grandi en écoutant le Big Four et plein de groupes de cette scène. C’était tout pour moi ado.
Alors aujourd’hui, jouer avec Dave… c’est indescriptible. C’est une légende. C’est quelqu’un qui a pratiquement inventé ce style de musique. Son jeu de guitare est immédiatement reconnaissable. Il a participé à créer ce son, à lui donner naissance et à le faire évoluer.”
Et il enchaîne avec un petit clin d’œil bien senti :
“C’est un immense honneur. Et en plus, c’est un vrai badass, comme tout le monde le sait. Il se voit un peu comme un skate punk, et il a totalement cet esprit.
Le single I Don’t Care résume parfaitement Dave : cette attitude, ce côté ‘j’en ai rien à foutre’. Et j’adore ça, parce que j’ai grandi avec cet état d’esprit. J’étais aussi skateur.
Pour moi, il est clairement une vraie rock star.”
La claque MEGADETH dès l’adolescence
Dirk se souvient aussi de sa première rencontre avec MEGADETH, via l’album Peace Sells… But Who’s Buying? :
“Je me rappelle être allé dans un petit marché aux puces près de Paris. J’ai vu la pochette, les photos du groupe… ils avaient l’air tellement badass.
Je ne connaissais pas, mais je me suis dit : ‘Il me faut ça’. Ça devait être en 87 ou 88. À l’époque, on ne suivait pas les sorties comme aujourd’hui. On tombait sur des trucs par hasard, et ça devenait énorme.”
Très vite, MEGADETH se démarque pour lui :
“Le chant, les paroles, l’approche… c’était unique. Je ne savais même pas encore que ça s’appelait du thrash metal, mais je savais que j’adorais.”
De fan à membre du groupe… cerveau en fusion
L’un des moments les plus marquants pour lui reste un concert en 1990 :
“J’ai vu MEGADETH pendant la tournée Clash Of The Titans, j’avais 15 ans. C’était à Paris, au Zénith.
Et aujourd’hui, j’ai joué trois fois avec eux dans cette même salle. À chaque fois, ça me retourne le cerveau. Je me dis : ‘J’étais là en tant que gamin… et maintenant je suis sur scène avec eux.’ C’est complètement fou.”
“Même pas un rêve… au-delà du rêve”
Pour Dirk, rejoindre MEGADETH dépasse tout ce qu’il aurait pu imaginer :
“On me demande souvent si c’était mon rêve ultime. Mais non… parce que je n’aurais même pas osé imaginer que ça puisse arriver.
J’étais déjà heureux de faire de la musique, de tourner, d’être dans un groupe comme SOILWORK.
Si quelqu’un m’avait dit à l’époque que je serais dans MEGADETH un jour, ma tête aurait explosé.”
Persévérance, doutes… et passion
En 2022, il confiait déjà à Sick Drummer Magazine :
“Je suis juste reconnaissant d’être là. Ce n’est même pas un rêve devenu réalité, parce que je n’avais jamais rêvé aussi grand.
Il y a eu des moments où je voulais abandonner, comme tout le monde. Je me suis dit que je devrais peut-être prendre un job normal.
Mais je savais où était ma passion. Alors je n’ai pas lâché.”
Aujourd’hui, il savoure chaque instant :
“C’est un sentiment incroyable. Je suis heureux que les gens aiment l’album, et fier d’y avoir contribué.
Dave nous a dit : ‘Apportez des idées’. Je ne pensais pas que les miennes seraient utilisées… et finalement, certaines se retrouvent sur l’album.
Ça prouve qu’il faut croire en soi.”
Un nouveau chapitre pour MEGADETH
Le dernier album éponyme de MEGADETH, deuxième avec Dirk, est sorti en janvier via le label BLKIIBLK (Frontiers). Il succède à The Sick, The Dying… And The Dead! (2022).
Et une chose est sûre :
entre respect des racines thrash et énergie toujours aussi mordante…
le groupe n’a clairement pas prévu de prendre sa retraite tranquille avec un thé et des biscuits.
Heureusement. 🤘


