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La nuit a toujours eu ses oiseaux. Les hiboux pour les présages, les corbeaux pour les charognes, et maintenant, la pie-grièche de Tankrust !

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Tankrust, c’est le groupe qui s’écoute après minuit dans des zones industrielles désertes, des échangeurs humides avec des enseignes lumineuses qui bourdonnent comme des insectes malades.

On est à la veille de la sortie de leur nouvel album, qui semble avoir été enregistré dans une carcasse d’usine encore tiède après l’incendie. Il s’appelle Shrike ! Et tu sais ce que ça veut dire en français ? Eh bien, je vais te le dire puisque tu es impatient de le savoir ! C’est le doux nom de la pie-grièche, ce mignon petit oiseau carnivore et psychopathe connu pour empaler ses proies sur des épines ou du fil barbelé. C’est aussi le nom d’un missile américain des années 60 utilisé pendant la guerre du Vietnam. Un missile antiradar qui suivait les émissions ennemies pour détruire les batteries de défense aérienne. Forts de ce point culturel, on cerne tout à fait l’esprit : une esthétique sombre, post-apocalyptique et un son résolument plus moderne que sur les précédents albums (sans perdre l’effet coup de poing dans le sternum !).

À l’écoute de l’album, on n’a qu’une hâte : écouter tous les morceaux en live ! Tu peux tout de suite pré-réserver tes places pour les voir ou les découvrir le 4 juin 2026 au Cirque Électrique (Paris), le 5 juin à l’Uzine (Rennes) ou le 6 juin au Pitdog (Lorient). On sent qu’ils ont été pensés pour la scène… On salue le style nerveux, tendu du groupe, dont le talent n’est plus à prouver. Leur musique donne moins l’impression d’un chaos incontrôlé que d’une machine militaire parfaitement huilée qui aurait développé quelques problèmes de colère.

Chez Tankrust, le riff n’est pas simplement lourd, il est conçu pour provoquer des dégâts structurels. On sent presque les ingénieurs derrière les amplis vérifier les normes antisismiques avant chaque répétition. Et c’est exactement ce que dégage leur son : une violence précise. Pas une bagarre de bar mais plutôt une frappe chirurgicale en palm mute. Cet album n’est pas juste brutal. Il est méchamment intelligent, comme un char Leclerc doctorant en psychologie.

Dès le premier morceau, le groupe te chope par le col et t’enfonce dans un mur en béton armé sans casque. Pas d’introduction. Pas de séduction. Pas de préliminaires. Tankrust arrive avec la délicatesse d’une pelleteuse qui tombe d’un hélicoptère. Les guitares grincent comme des rails de fret sous la pluie. La batterie ressemble à des machines qui redémarrent seules dans le noir. Et au-dessus de tout ça, la voix traverse les morceaux comme une sirène d’alerte entendue depuis un immeuble abandonné.

Puis Sunken débarque, ma préférée. Percutante et hyper bien écrite, on ressent toujours le groove massif, presque hypnotique à la Lamb Of God ou Machine Head, constamment parasité par des secousses plus violentes, des changements de dynamique plus abrupts et des riffs plus labyrinthiques, comme si quelque chose cognait contre la coque depuis les profondeurs. Le morceau donne l’impression de sombrer lentement dans une eau noire chargée de pétrole.

Le plus jouissif sur Shrike, c’est cette façon constante de changer de textures, d’imposer des respirations vicieuses, des guitares tortueuses et un sens du rythme d’aliéné. Un riff thrash ? BIM, break hardcore. Une montée death mélo ? BAM, grosse mandale syncopée. Du groove ? UCHHH, blast dans tes dents !

Même les titres sentent la démence. « Random Thoughts Of The Lizard Brain’s Killer Instinct » ressemble déjà au nom d’une thèse écrite par un survivaliste sous amphètes. Et terminer un album pareil par un morceau intitulé « ASMR », c’est soit du génie, soit un appel à l’aide. Probablement les deux ! C’est exactement le genre d’humour de dégénérés qu’on respecte profondément.

Le rythme général de l’album est fou : il avance par spasmes, par éclairs, par poussées d’adrénaline suivies de vertiges plus contemplatifs. Tankrust ne compose pas ici une simple collection de morceaux extrêmes, il construit un paysage nocturne entier où se cache un cerveau malade qui gigote comme une VHS possédée retrouvée dans une cave désaffectée. Le groupe ne veut plus seulement fracasser des nuques, il veut les démonter à la clé Allen avant de les remonter à l’envers.

Pour conclure, Shrike est un album qui dépeint un monde où les oiseaux ne chantent plus.        

Ils attendent.            

 

Liste des morceaux :

  1. Brute Force
  2. Sunken
  3. Don’t Be Shy
  4. Mother Load
  5. Father Blood
  6. Onward
  7. Until the Last One Standing
  8. Shrike
  9. Random Thoughts of the Lizard Brain’s Killer Instinct
  10. ASMR 
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