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Shaârghot à l’Étage : Rennes va finir peinte en noir (et vous avec)

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Samedi 21 novembre 2026, 20 h 30. Quelque part sous le Liberté, à Rennes, une créature née d’une expérience scientifique ratée va monter sur scène, cracher des flammes et vous expliquer que le monde est foutu. Vous allez payer 28 € pour ça. Et vous aurez raison.

Shaârghot débarque à l’Étage avec Solitaris et Ghost Dance en premières parties. Trois projets, trois manières de faire trembler un sol de salle de concert, et une seule certitude : le pressing de votre quartier aura du travail le lundi.

Il était une fois une ville-ruche et un œil géant

Pour comprendre Shaârghot, il faut accepter de lire un peu de science-fiction. Je vous préviens, ce n’est pas Martine à la plage.

Le groupe naît à Paris en 2011, sous l’impulsion du vidéaste Étienne Bianchi et du guitariste Jeremy Le Guen. L’idée de départ : de la musique. L’idée d’arrivée : un univers complet, avec un scénario, des costumes, des clips qui ressemblent à des bandes-annonces de films interdits aux moins de seize ans, et une mythologie qui tient la route.

L’histoire se passe dans une immense ville-ruche dirigée par une multinationale autoritaire, la Great Eye Corporation. Le grand œil qui surveille tout le monde. Une boîte qui ressemble à votre fournisseur d’accès internet, en moins sympathique. Au milieu de tout ça, le Shaârghot, mutant sorti d’une expérience de régénération cellulaire qui a très mal tourné, prend la tête de la rébellion.

Résumé pour ceux qui décrochent : un type peint en noir de la tête aux pieds se bat contre une méga-corporation à coups de beats électro et de riffs metal. C’est Mad Max qui aurait fusionné avec une rave dans un sous-sol berlinois, et franchement, ça mérite un spin-off.

Aujourd’hui, la créature s’appuie sur Étienne Bianchi au chant et au sampler, Olivier Hurtu à la batterie, Bruno Garay à la guitare et à la pyrotechnie (oui, c’est sur sa fiche de poste, et oui, ça fait rêver), Clémence Dufieux à la basse, et Yann Paul Prevel aux percussions, au sampler et à la guitare. Cinq personnes pour faire autant de bruit qu’une usine sidérurgique en grève.

La discographie, ou comment documenter une révolution en trois volumes

Shaârghot numérote ses albums comme on numérote les tomes d’une saga. Vol. I sort en 2015. Vol. II : The Advent of Shadows en 2019. Vol. III : Let Me Out en 2023. Entre les deux, un EP, Break Your Body, et Black Wave en 2022. Le titre Break Your Body n’est pas une métaphore. C’est un mode d’emploi.

Le son, maintenant. Imaginez Rammstein qui aurait passé ses vacances dans un club techno, puis qui serait revenu avec une gueule de bois industrielle et l’envie de tout casser. Des beats électro qui cognent comme un marteau-piqueur, des guitares lourdes, une voix qui gronde, et des refrains qu’on se surprend à hurler alors qu’on ne comprend pas tout à fait de quoi ils parlent. Le metal électro de Shaârghot, c’est la musique idéale pour faire du ménage de printemps dans un bunker.

Et le groupe ne joue pas dans sa chambre. Hellfest 2019, sur la scène Temple, devant environ 12 000 personnes. Le Hellfest From Home en 2021. Le Hellfest encore en 2025. Pour ses dix ans, la créature s’est offert la Cigale à Paris pendant deux heures. Deux heures de Shaârghot, c’est l’équivalent cardio d’un semi-marathon, avec plus de fumée et moins de bananes au ravitaillement.

Le concert, ou le moment où vous comprenez que vous n’étiez pas prêt

Un concert de Shaârghot ne se regarde pas, il se subit avec joie. La mise en scène promet pyrotechnie, ambiance grotesque et macabre, costumes post-apocalyptiques. Les musiciens ont la peau maquillée de noir, et une partie du public adore jouer le jeu.

Conseil d’ami : ne venez pas avec votre chemise blanche du mariage de votre cousine. Ne venez pas non plus en vous disant « je vais rester au fond, tranquille, je regarde ». Le fond de l’Étage n’est pas assez loin. Le fond de la Bretagne non plus, sans doute.

Les premières parties : un rave et un mur de riffs

Ghost Dance ouvre les hostilités, et ce n’est pas un groupe de metal. C’est une machine. Le projet évolue au croisement de la dark electro et de la techno, repéré par mau5trap, le label de deadmau5. Le gars a joué au Kit Kat Club à Berlin, au Sound à Los Angeles, à la Cigale, et aux Transmusicales de Rennes. Donc il connaît déjà la ville. Il sait où il met les pieds. Vous, en revanche, risquez de découvrir que vos jambes dansent la techno sans vous avoir demandé la permission.

Solitaris prend le relais côté guitares. Quatre Parisiens réunis en 2018, du metal moderne avec des riffs massifs et des ambiances froides, industrielles, qui sentent le béton mouillé à quatre heures du matin. Trois EP au compteur : Aseara en 2019, Siwa en 2023, Nahar en 2025. Ils ont déjà joué au Hellfest en 2024 et ouvert pour TEN56, Rise of the Northstar et Tesseract. Autant dire que ce ne sont pas des stagiaires qu’on a envoyés chauffer la salle. Ce sont des gens qui ont l’habitude de vous briser la nuque avant le plat principal.

L’enchaînement a de la gueule : la techno sombre de Ghost Dance, le metal froid de Solitaris, puis l’apocalypse électro de Shaârghot. Un menu en trois services, où le dessert vous crache des flammes au visage.

Les infos pour ne pas finir dehors

C’est le samedi 21 novembre 2026, à 20 h 30, au Liberté à Rennes, dans la salle de l’Étage. Comptez 28 € le billet en placement debout (25 € au tarif CE), dans une organisation Diogène Productions. Et attention : à l’heure où ces lignes sont écrites, la billetterie de la salle affiche complet. Si vous n’avez pas votre place, guettez les reventes, soyez gentils avec vos amis qui en ont une, ou préparez votre plus beau discours de mutant rebelle devant l’entrée.

Le mot de la fin

Il y a des concerts où on écoute de la musique. Et il y a des concerts où on entre dans un film de science-fiction en sachant que le scénario finit mal pour la multinationale et bien pour vous.

Le 21 novembre, la Great Eye Corporation a prévu de surveiller Rennes. Elle va avoir une mauvaise surprise. Et vous, vous rentrerez chez vous les oreilles en vrac, la gorge en papier de verre, avec cette étrange envie de vous peindre en noir et de résilier votre forfait téléphonique.

C’est ça, la révolution.

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