Jouer en plein jour sur la Mainstage 2 du Hellfest, c’est une épreuve de force ou une transe solaire pour une prêtresse Brutal Pop ?
Je m’attendais pas à ce que ça se passe comme ça s’est passé, puisque sur une mainstage à 10 h, on a plutôt tendance à s’imaginer qu’il n’y aura pas trop de monde. Et à la fin de mon set, c’était blindé jusqu’à derrière, les gens applaudissaient, participaient, J’ai jamais vu ça. En tout cas je m’attendais pas à ça au Hellfest. Donc moi je suis aux anges.
Tu t’es sentie comment en montant sur cette scène gigantesque ? Plus gladiatrice, funambule ou chamane électrique ?
J’étais vraiment sereine, je me sentais comme un Labubu, tu vois ces nouvelles petites poupées monstres que tout le monde collectionne? Moi je me sentais comme ça, dans ma petite tenue rose espiègle, prête à péter des gueules. Voilà, je me sentais plutôt comme ça. C’était trop bien.
Ce public Hellfest, qui peut être ultra fidèle mais parfois ultra sceptique… Tu l’as senti conquis, secoué, possédé ?
Ah ouais ouais voilà tout ça à la fois. C’est genre “Yes”. Je l’ai senti super chaleureux et je suis trop heureuse que ça se soit très bien passé comme ça.
Entre le métal et la pop, il y a souvent un gouffre. Toi tu laisses ton empreinte, tu proposes de l’original, de la puissance, un cri qui terrasse. Tu penses qu’hier, certains fans de black ont téléchargé du SUN en douce ?
J’ai fait beaucoup de brutal death et je pense que j’ai des gens qui me suivent, qui aiment aussi toute cette musique là, toute cette mouvance là. Donc je pense que ouais. Je pense que c’est plutôt de l’autre côté, côté pop, où les gens ont plus de réticences, ils vont s’arrêter dès qu’il y a un cri. Alors que les metalleux, en général, ils sont assez ouverts quand même.
“Brutal pop”, c’est à la fois un manifeste, un oxymore et une grosse claque. Est-ce que tu le vis comme une révolution sonore ou une forme de sincérité radicale ?
C’est très naturel, c’est comme ça que j’écris ma musique, je n’ai pas cherché à faire ça. Je pense que personne se dirait genre tiens, mon plan de carrière, ça va être de faire de la brutal pop, tu vois. Donc c’est vraiment quelque chose qui s’est fait assez naturellement et j’essaye juste de le laisser sortir de façon fidèle et honnête.
Tu joues dans des festivals métal, électro, théâtre expérimental… Tu penses que le futur est forcément hybride ?
Pas trop, moi c’est plutôt l’inverse du hybride. Je suis plutôt dans le fait de faire des choses authentiques. Je pense qu’il faut que ça se fasse de façon organique et naturelle. Cela fait trois ans que je ne fais plus du tout de projet d’actrice ou de cinéma, parce que ce truc de brutal pop a pris le dessus dans ma vie et je n’y aurais jamais cru. Je vivais grâce à des comédies musicales, des films, des choses comme ça et je ne pensais pas que faire de la brutal pop ce serait mon plan de carrière. Alors qu’en fait ça l’est donc je suis plutôt dans un truc d’authenticité et je vois aussi à travers ce chemin que finalement, plus tu es authentique, plus j’ai l’impression que tu as une petite récompense de la vie.
Ton premier album Krystal Metal est à la fois viscéral et très cinématographique. Qu’est-ce que tu voulais explorer avec ce disque ?
Sur cet album, j’ai tout fait de A à Z jusqu’à la prod. Et pour moi c’était important de montrer vraiment ce qu’est la brutal pop quand c’est moi aux manettes du début à la fin. C’est vraiment l’essence de ce que je fais, c’est cet album et c’est mon premier donc j’en suis très fière. J’ai un lien hyper émotionnel avec cet album.
Que peut-on te souhaiter pour la suite ? Comment tu te vois dans dix ans ?
Dans dix ans, waow (rires), franchement je n’en sais rien, je me laisse porter parce que ce qui m’a toujours réussi jusqu’à aujourd’hui, c’est de rester à l’instant présent et d’être authentique. Donc je pense, je vais continuer comme ça. J’ai une belle tournée toute l’année à l’international et en France parce que je suis franco-allemande. Je tourne aussi beaucoup en Allemagne donc il me tarde de continuer cette tournée qui passera, l’année prochaine, par l’Elysée Montmartre à Paris! J’ai hâte!
Entrevue par Coralie




