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Existence ou l’art de la mise en scène sonore

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Le 3 avril dernier, les Rouennais de No Terror in the Bang ont décidé que le calme plat n’était plus une option thérapeutique. Avec leur nouvel opus, intitulé Existence, le groupe nous balance une galette qui porte bien son nom. Dès la première écoute, c’est comme si une bande-son de blockbuster d’anticipation avait rencontré un groupe de métal progressif qui aurait mangé des chats pas contents du tout (et peut-être quelques substances non homologuées par l’ARS).  

Techniquement, les structures sont complexes mais ça groove ! Il y a plus de changements de rythme dans Goat que dans une playlist de Zumba pour seniors. Le genre de musique qui te donne envie de headbanger intelligemment, en fronçant les sourcils pour faire croire que tu as compris toutes les mesures asymétriques.

Tout comme dans le premier album, la voix de Sofia démontre encore une fois, les prouesses d’un pur exercice de bipolarité artistique. Sa performance est une véritable montagne russe. Elle te murmure des secrets à l’oreille façon ASMR gothique et l’instant d’après, te décroche un growl qui te refait la déco intérieure sans demander l’avis de Valérie Damidot.

Ce qui frappe dans cet album, c’est cette capacité à mélanger des riffs bien lourds à la guitare, des arrangements orchestraux qui t’immergent au cœur d’un opéra Tim Burtonien et les idées profondes défendues dans les textes : le paradoxe entre la puissance publique et l’épuisement privé, la confrontation avec notre part d’ombre et d’animalité, le constat écologique et social sur l’autodestruction ou encore ce moment de bascule, quand vient le vertige avant la métamorphose. Les mots détiennent une charge électrique et sont choisis pour entrer en résonnance avec la musique.

Pour résumer, c’est beau, tout simplement. No Terror in the Bang nous livre un EP riche, profond et élégamment torturé. Ils signent une œuvre magistrale et sombre en réussissant le tour de force de transformer nos peurs les plus intimes en une poésie universelle, à la fois violente et salvatrice. On ressort de l’écoute un peu moins léger, certes, mais tellement plus conscient.

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