Interview Stinky @Hellfest 2019

stinky

Mad Breizh : « Bonjour, déjà est ce que tu peux te présenter ? Et puis nous présenter le batteur qui sera présent ? »

Claire : « Et bien moi c'est Claire, du groupe Stinky et je suis au chant. Et il y a Paul qui est batteur qui va nous rejoindre incessamment sous peu ».

MB : « Et du coup c'est un groupe dans lequel vous êtes combien de membre ? est-ce que tu peux présenter aussi les membres qui ne sont pas présent aujourd'hui ? »

Claire : « Alors on est 5 dans le groupe, tu as Paul à la batterie, tu as deux guitaristes, Sébastien et Titouan, tu as un bassiste, Redwan et tous ceux qui ont des manches dans les mains font des chœurs également . »

MB : « Et quels sont les membres qui étaient là à l'origine, du temps de Stinky Bollocks ? »

Claire : « tu as Titouan, tu as Seb et tu as Redwan. Avec Paul on est tous les deux des pièces rapportées. On est arrivés fin 2014. Début 2015 on a décidés de raccourcir le nom à Stinky, parce que déjà tout le monde nous appelaient les Stinky. Il y a eu tellement de changement de line-up, dans Stinky, il y a eu au moins 8 batteurs différents et 3 chanteurs. Comme on sortaient le premier album du groupe, on s'est dit c'est peut-être le moment de repartir sur des bases un peu plus neutre et de raccourcir le nom à Stinky. »

MB : « Et donc moi c'est ce que je te disais tout à l'heure, la première fois que j'ai vu les gars, tu n'étaient pas actuellement au chant, c'était au Café Latin (bar concert à Angers), ils ont joués devant 10 personnes et c'était 10 potes d'autres groupes, de Attendants et compagnie ». Paul arrive et nous salue. « Du coup du Café Latin à la Warzone quel chemin, est ce que tu peux nous rappeler les faits marquants du groupe, je pense que l'un des gros faits marquants c'est votre arrivée à tous les 2, c'est ce qui a stabilisé la formation ? »

Claire : « Voilà ça a stabilisé le line-up, donc après il y a eu les tournées qu'on a pu faire ensemble. »

Paul : « ouais 2 tournées européennes. »

Claire : « voilà et puis il y a eu la sortie de 2 albums aussi, il y a eu « Against Wind and Tide » et « From Dead End Street », qu'on a sortie à 2 ans d'intervalle c'est ça ? »

Paul : « Ouais c'est ça, 2015 et 2017. »

Claire : « ouais c'est ça, 2015, 2017. Il y a eu la programmation à l'Xtrem Fest qui a été pour nous aussi un fait assez marquant ».

MB : « C'est le concert dans la cage ? »

Claire : « Oui il y a eu un concert sur scène dans l'enceinte du festival et ensuite le lendemain on rejouaient dans la cage. »

MB : « Visuellement c'était sympa. Et du coup comment ça s'est passé la rencontre avec toi qui est arrivée au chant ? Et est-ce que tu sais ce qui a motivé le changement de chanteur ? »

Claire : « En fait si tu veux 10 jours avant de partir en tournée européenne, leur chanteur ne pouvait plus partir parce qu'il avait des impératifs et ils ont cherchés quelqu'un d'autre et Paul a proposé aux gars de me contacter parce qu'on se connaissaient déjà. J'avais un autre groupe avant plutôt typé métalcore qui s'appelait Ellipse et on vient du vignoble nantais aussi, donc on connaissaient très bien les Stinky Bollocks. Paul a proposé que je remplace leur chanteur pendant la tournée. J'ai accepté, donc j'ai appris tous les morceaux en 10 jours et je suis partie avec les gars. »

Paul : « Dans le camion aussi tu as appris les paroles. »

Claire : « Et après ce qui s'est passé c'est que le chanteur avait un emploi du temps trop compliqué avec les envies du groupe et ils m'ont proposé si je voulais resté et j'ai dit oui, voilà ».

Paul : « Elle a dit oui. »

Rires.

MB : « Tu as une voix assez particulière, comment tu as réalisée ce que tu pouvais faire avec ta voix ? C'est pas donnéà tout le monde les capacités vocales que tu as. »

Claire : « Je pense que c'est un peu donné à tout le monde finalement, ça dépend ce que tu souhaites en faire. Moi j'ai commencé à faire du chant saturé y'a plus de 10 ans. Au début ça été très difficile. Franchement c'était pas le résultat que je voulais et je me suis accrochée. Un moment on apprends à connaître son corps aussi et ça va vachement de pair en fait, chant saturé et la connaissance de son propre corps, c'est très lié. J'ai été aussi bien aidé par mon prof qui s'appelle Annaël, qui m'a filé de gros gros coup de main et maintenant si tu veux, c'est juste de l'entrainement au quotidien et puis ma voix elle évolue tout le temps. De "Against Wind And Tide" à "From Dead End Street" ma voix a déjà changée. Là on va sortir un nouvel album, ma voix sera… Forcément on reconnaît que c'est la mienne mais ça évolue en fait. Je me permet peut être de tenter plus de chose, c'est peut-être maitrisé un peu mieux aussi à force d'entrainement. Il y a plus de puissance, c'est ça qui est génial avec la voix, comme tout instrument en fait, que tu peux perfectionner. Et il y a encore beaucoup de travail, mais c'est ça qui est bien ».

MB : « Toute personne qui a déjà vu Stinky sur scène, et c'est pas le public de la warzone qui me dira le contraire, sait que c'est hyper énergique. Où est-ce que vous puisez cette énergie, cette motivation ? »

Paul : « Je pense que tout simplement c'est ce qu'on kiffe en fait, je pense que ça se ressent comme tu dis. Et à partir du moment que tu aimes bien ce que tu fais tu prends tout, tout ce que t'as. Et juste pour reparler du concert de la warzone, le public nous a beaucoup donné aussi, c'est ce que j'ai trouvé, un wall of death dès la première chanson vendredi matin, c'était pas du tout prévu. On a un peu halluciné aussi, le matin de l'ouverture du festival, on s'attendaient pas à autant de monde. Donc c'est ça aussi qui nous as… ça t'anime en fait tout simplement. »

MB : « Est ce que vous pouvez nous parler un peu des influences musicales de votre travail dans Stinky, que ce soit musicales, culturelles, sociétales… »

Paul : « Au niveau musical, on vient avec Claire, d'un univers un peu différent des gars, c'est à dire que moi j'avais un groupe de métal hardcore, à la guitare aussi avant de rejoindre Stinky. Peut-être qu'avec Claire on a plus des influences métalcore. Après on s'influence beaucoup de groupe comme Miles Away, (son merdique je n'arrive pas à retrouver 2 groupes, désolé).

Claire : « Ouais c'est ça, après tu parlais d'influences autres que musicales, Titouan c'est un mec qui est très cinéphile, il a une belle culture cinématographique, y'a des choses, des films qui l'ont assez marqué, je pense notamment à « Tears in Rain » (morceau de leur premier album)qui est en fait un gros gros clin d'œil à Blade Runner. Même dans le clip en fait, on a alternés des image de live et des images de Blade Runner. Et les paroles sont tirées de la dernière tirade du film, on a repris mot pour mot la tirade du film. Donc ouais on a quand même ces influences-là et pour ce qui sociétale, en fait si tu veux tout ce qui se passe autour de nous nous inspire quelque part, on a encore des choses à dire, forcément c'est un truc de tous les jours quoi, dans nos textes on parle de tous ce qui nous touche et des sujet qui gravitent autour de nous au quotidien. »

 MB : « Et du coup, on vous rencontre là dans le cadre devotre date au Hellfest, est ce que on prépare un concert à la Warzone, au Hellfest, comme on se prépare pour un concert classique ? Ou bien est-ce que c'est différent ? Est-ce que on appréhende un peu plus ? »

Paul : « Forcément on appréhende ça autrement que quand on jouaient au Café Latin par exemple c'est sûr. Après au niveau de la préparation, je veux dire c'est pareil, comme n'importe quel concert qu'on fait. De toute façon on essaie toujours de donner tout, qu'on joue devant 50 ou comme hier devant plusieurs milliers de personnes. »

Claire : « Je pense que c'est ce qui a fait aussi, je veux pas dire la réussite, mais que le concert ce soit bien passé hier, ce qui a fait que ça c'est si bien passé c'est que je pense justement c'est qu'on ne s'est pas monté la tête et on en a pas fait des montagnes. Le Hellfest c'est pas l'aboutissement d'un truc, c'est juste, bah c'est une marche c'est clair, faut l'a monter, mais après derrière il doit se passer encore plein d'autres choses et pour nous c'était un concert comme un autre. Le fait de se dire ça et bin ça désacralise à mort le truc et ça nous a permis de rester nous-mêmes. Le circle pit au milieu des gens, je le fais quasi à chaque concert, quand je sens que le public est chaud. C'est juste que bah là faut oser, tu te dis y'a quand même vachement plus de monde. Pour accéder au public c'est vachement plus le bordel aussi, faut descendre de la scène qui est énorme, mais on s'est dit on fait comme d'habitude. Et on a fait comme d'habitude. »

MB : « Du coup je rebondis un peu sur ce que tu dis, est ce que le Hellfest, vous pensez que c'est une étape indispensable dans la vie d'un groupe ? Et est-ce que ça boost la notoriété du groupe ? Est-ce que vous pensez que ça va être un tremplin ? »

Paul : « ça dépend du show que tu fais quoi ». Rires. « Mais après que ce soit le Hellfest ou n'importe quel gros festival, forcément si tu fais un bon show etc, tu as une audience plus large donc au niveau de la notoriété ça joue un peu plus ».

Claire : « Après ça dépend vraiment de ce que t'en fais, parce que si tu fais un hellfest et que derrière tu fais plus rien avec ton groupe, je veux dire ça fera pas des miracles. En fait ça tient un peu de toi quoi, si tu fais un hellfest, que derrière t'as des projets, que tu continu à faire des concerts, que t'attends pas que le Resurrection t'appelle pour faire une date dans un autre festival, c'est pas parce que tu as joué au hellfest que c'est acquis, nous on a pas du tout cette logique-là, après le hellfest on va retourner faire des dates comme celles qu'on faisaient avant le hellfest. Ca nous pose aucun soucis, bien au contraire. Si tu fais les choses dans l'ordre et que tu fais un concert qui est à peu près correct, évidemment et que derrière tu continu ta vie en fait, comme avant le hellfest, ouais à voir, peut être que ça peut avoir des répercussions. Mais faut pas trop se prendre la tête et se dire que le hellfest c'est le saint Graal et après derrière tout est acquis quoi. Je pense que ça marche pas du tout comme ça. »

MB : « Est ce que vous pouvez nous parler de la composition d'un morceau chez Stinky ? Comment ça se passe ? Comment vous travaillez ? "

Paul : « C'est le bassiste et un des guitaristes, Sébastien, qui arrivent en général avec soit des bouts de morceaux, ou carrément des morceaux complets, moi à la batterie je me cale dessus, on fait notre petite tambouille et le chant vient en dernier avec Claire et Titouan, le deuxième guitariste, qui écrivent les textes. Je pense qu'on fait ça comme 95% des groupes. »

Claire : « Y'a rien d'incroyable. »

Paul : « Ouais c'est ça. »

MB : « Du coup Claire, est ce que tu peux nous parler du chant justement, il me semble que dans le premier album les paroles étaient tournées pas mal autour des relations entre individus, de la place dans la société. Est-ce que dans votre dernier album, « From Dead End Street », est-ce qu'on retrouve un thème majeur ? »

Claire : « Bah non, on a pas de thème principal, on parle de ce qui nous touche, de ce que l'on connaît au quotidien. Sur « From Dead End Street » on aborde plein de sujets, toujours dans le rapport aux autres évidemment, y'a un côté introspectif. Entre autre on parle de l'amitié, on parle du fait de vieillir, on parle de la musique aussi, qu'est ce qui fait qu'on a envie de faire de la musique, de faire des kilomètres pour faire un concert de 30 minutes, on parle de toutes ces choses-là. Sur « From Dead End Street », on a aussi parlé de la question de genre et de transidentité notamment, parce que c'est un sujet qui me tenait personnellement à cœur. Mais après on a pas de thème global, même sur le futur album ça va toujours être finalement la même tambouille, on parle de choses qui nous touche et le prochain album sera plutôt orienté sur le fait de se construire un endroit dans lequel on se sente bien et dans lequel on est… on se sent « safe » en fait. »

MB : « ça tombe bien que tu aborde le prochain album car c'était ma prochaine question, donc vous préparez le troisième album, vous en êtes où ? »

Paul : « Tous les morceaux sont faits, on commence à enregistrer dans 3 semaines, le 8 ou 9 juillet moi je commence, pour finir ça mi-août. Si je dis pas trop de bêtises. »

Claire : « Ouais euh nan, tout début août. »

Paul : « Tout début août ? voilà et puis mix etc… et puis on sortira ça fin 2019 début 2020. »

MB : « Vous allez enregistrer où ? »

Paul : « Alors on enregistre chez Fabien Guilloteau, il a un studio qui s'appelle le « NomadAudio », c'est à la Roche Sur Yon et on a enregistrés aussi chez lui « From Dead end… » (Street) et « Against… »(Wind and Tide), ça c'est pour le côté instru. Les voix on enregistre ça chez notre ingé son qui s'appelle Arthur et qui a un studio qui s'appelle « Brown Bear Recording »,voilà du coup on fait les voix là bas, les chœurs… »

MB : « Est-ce que vous pouvez nous donner le groupe, selon vous, à ne pas louper ce week-end (Hellfest) ? Si il fallait en choisir 1. »

Paul : « Moi je pensais que c'était Sum 41, en fait je me suis un peu embêter, du coup j'en ai pas. »

Claire : « Moi je pense à Envy et Architects, on les connaît, on les a déjà vu en concert, mais sur une main stage en fin de festival je pense qu'ils vont faire un show un peu à la Parkway Drive, c'était l'année dernière je crois, un truc qui va vraiment, qui va décapé je pense.. »

MB : « Dernière question, dans 10 ans on vous retrouve où ? »

Rires

Claire : « Sous un pont. »

Paul : « En warzone à 18 heures, nan franchement je sais pas, aucune idée ».

Claire : « Nan franchement dans 10 ans ça se trouve on aura même plus l'opportunité de faire de la musique, on sait pas, nous ce qu'on nous souhaite… »

Paul : « On se détestera. »

Claire : « … ce qu'on nous souhaite c'est de continuer à jouer, de continuer à se faire plaisir et de rester entre amis et de continuer à se faire plaisir surtout. Dans 10 ans on sera toujours là, c'est clair. »

MB : « Merci, je pense que je vais donner le mot de la fin pour une fois. »

Paul : « Tant mieux parce que je sais jamais quoi dire de toute façon. »

MB : « Je vous souhaite de vraiment garder l'état d'esprit que vous avez parce que ça vaut tout l'or du monde et je vous souhaite une belle carrière musicale. »

Paul : « Merci c'est gentil. »

Claire : « Merci à vous de nous donner la parole. »

Interview Didier Wampas @Hellfest 2019
Hellfest 2019 14ème édition

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