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Live report, en revenant de Nantes, 15 octobre 2026
Ce soir, la musique de Myrath ne s’est pas contentée de faire trembler les murs, elle est venue chercher quelque chose de plus profond et de plus fragile. MYRATH nous a rappelé que la puissance n’exclut jamais la vulnérabilité. Bien au contraire.
Dans l’atmosphère survoltée de cette salle nantaise, les Franco-Tunisiens sont venus défendre Wilderness of Mirrors, leur nouvel album, avec cette identité si singulière qui fait leur force. Derrière la maîtrise instrumentale et les envolées spectaculaires, c’est surtout l’émotion qui a donné à cette soirée toute sa dimension.
L’ouverture avec « The Funeral » installe immédiatement une atmosphère dramatique. La musique se déploie avec une ampleur presque théâtrale, tandis que la voix de Zaher Zorgati occupe le devant de la scène. Le chanteur expose son visage, son intention et son âme. Avec « Born to Survive », l’énergie monte d’un cran. Le morceau porte bien son nom. Je la vois comme une invitation à tenir debout, à encaisser les coups et à continuer d’avancer. On retrouve ce mélange de puissance et de sensibilité qui caractérise le groupe.
Puis vient « Dance », avec son énergie entraînante et ses couleurs orientales immédiatement reconnaissables. La virtuosité est là mais elle ne prend jamais le dessus sur l’essentiel. Chaque arrangement semble servir une histoire. Chaque montée en puissance prépare autre chose. Et dans cette salle à taille humaine, cette proximité rend le spectacle particulièrement vivant.
Il y a toutefois un titre qui porte en lui une charge particulière, «The Clown». Derrière ce nom presque trompeur se cache l’une des chansons les plus intimes de Wilderness of Mirrors. Zaher Zorgati y évoque son combat contre la dépression, ce décalage douloureux entre l’image du frontman capable de faire vibrer une foule et ce qui peut se jouer lorsque les lumières s’éteignent. A travers ce morceau, il nous rappelle que la musique touche à ce qu’elle a de plus précieux. Elle ne guérit pas tout, elle ne promet rien mais elle permet parfois, pour celui qui chante comme pour celui qui écoute, de se sentir moins seul. Face à cette sincérité, la ferveur du public prend une autre dimension. Un concert de Myrath, c’est bien sûr l’énergie, les riffs, les refrains fédérateurs et cette envie irrépressible de se laisser emporter.
Les morceaux s’enchaînent, les atmosphères évoluent mais une même ligne se dessine, celle d’un groupe qui sait conjuguer technicité et émotion sans sacrifier l’une à l’autre. La réussite de Myrath tient justement à cet équilibre. C’est là que la communion prend tout son sens. Sur scène, un homme accepte de montrer une part de lui-même tandis qu’en face de lui, chacun reste libre d’y projeter sa propre histoire. Et, le temps d’une chanson, la distance entre les deux peut sembler bien mince.
Au terme de cette soirée, ce qui reste ne tient pas uniquement à la précision des musiciens ou à l’efficacité des compositions. Je retiendrai surtout l’identité forte au service d’un grand et beau moment de partage, de communion avec le public… cette sensation d’avoir assisté à un concert où la virtuosité sert une intention, déployée avec générosité et humilité.
Le 15 octobre 2026, au Ferrailleur, le métal a fait ce qu’il sait faire de mieux : rassembler, faire vibrer, libérer quelque chose que les mots seuls ne parviennent pas toujours à dire.
Coralie















