Menu

THE BLUE BUTTER POT / JEWELS & GLORY – Interview

Cover-Jewels--Glory.jpg

Le duo morbihannais « THE BLUE BUTTER POT » composé d’Olive (batteur) et de Ray (chant/guitare), vient de sortir un nouvel album « Jewels & Glory ».

Le duo après avoir « checké les niveaux » dans son deuxième opus, nous revient avec un son encore plus puissant dans une veine définitivement dirty d’un blues rock découpé au couteau façon Tartare. Un album dont les morceaux ont été malté et brassé en terre celtique avant une fermentation et un conditionnement – mix et mastering – entre les mains experte de JIM DIAMOND (WHITE STRIPES, BELLRAYS etc…) de l’autre coté de l’atlantique. Une fois de plus, le duo nous a concocté un album totalement addictif débordant de riffs, aux rythmiques entêtantes pavant une voie royale à des textes aussi mordants et grinçants que les dérives d’une société qu’il dénonce…
L’album (mais aussi les autres) est à commander ici !

À apprécier à domicile et surtout sur scène. Interview.

MB: Hello THE BLUE BUTTER POT (TBBP) et merci pour le temps que vous accordez à Mad breizh !

Ray: Salut Sébastien / Mad Breizh et merci pour cette demande attentionnée à laquelle nous sommes ravis de répondre !

MB: Une légende urbaine dit que THE BLUE BUTTER POT, cela devait être éphémère…. 2012 – 2021. Comme on dit c’est de l’éphémère qui dure longtemps non ?

Ray: Alors, légende ou pas légende ? On est plutôt fiers de dire que ce n’est pas une légende car on va fêter nos 10 ans l’année prochaine, et ce genre d’éphémère, pour notre cas, c’est carrément cool. C’est en regardant l’agenda qui se remplissait gentiment en 2014 sans que n’ayons à démarcher qu’on s’est demandé s’il y avait un truc qui sortait de l’ordinaire. Maintenant on en est sûrs, TBBP, ça sort de l’ordinaire !

MB: Vous sortez donc votre troisième album après une campagne de financement quasi 100% bio et local et le tout en revenant à de l’autoproduction.
Comment s’est passé ce retour aux sources en ces temps un peu particulier et comment vous vous êtes partagé le boulot ? Comment sont nés vos nouveaux morceaux, sur la route ou lors d’une pause dédiée en studio ?

Ray: Ce retour aux sources, comme vous dites, s’est plutôt bien passé. Déjà la campagne de financement participatif où tous les contributeurs nous ont franchement épatés ! C’est très rassurant de voir que les gens nous suivent et nous font confiance.

Credit Photo*: Punky Yab

Oliv’: Le crowdfunding est justement pour nous le moyen de rester sur une totale auto-production et c’est aussi une manière d’être en relation directe avec notre public. C’est beaucoup de travail mais c’est d’autant plus gratifiant, on ne doit rien à personne. Pour revenir sur le côté bio et local, tu fais sans doute référence aux choix des contreparties de la campagne Ulule. Effectivement, nous en avons profité pour mettre en avant quelques acteurs de notre terroir (Brasseurs/ Paysans/ Apiculteurs/ etc…). Depuis le début,THE BLUE BUTTER POT revendique ses racines, c’est ce qui nous construit je trouve.

Pour parler de la construction de l’album, avec Ray on fonctionne toujours de la même manière pour les compos. C’est très instinctif, Ray lance un riff, je le suis, une première idée en sort, on enregistre, on y revient plus tard et on achève la structure du morceau. Pour l’écriture des paroles, là moi je ne fais rien du tout, hi, hi ! Sur « Jewels & Glory », il y a eu quand même pour quelques titres (Mr Painkiller, Proxy Living, To Each His Own, Man Hush, HHH) un processus inhabituel, on a enregistré les instrus sans que je n’aie jamais entendu les paroles, du coup grosse surprise quand Ray a enregistré ses voix. Je me souviens très bien, je préparais la bouffe pour l’équipe et de la cuisine j’entends pour la première fois la voix de Ray sur « The HHH », et là je me suis dis: « Putain, il déchire tout là !!! » Bref, c’était une belle expérience pour ma part.

Ray: Pourquoi autoprod ? À notre habitude, on fait plus de 60 dates par an en France et avec la crise sanitaire covid-19 de l’année dernière qui a fait tomber le nombre de dates à à peu près 10, on n’a pas pu rentrer les fonds nécessaires, notamment ceux que l’on récupère avec la vente du merchandising. Pour être honnêtes, on avait une petite appréhension de relancer une campagne de financement puisque c’est la troisième à notre compteur. On imaginait que ça faisait peut-être beaucoup de re-demander aux gens de financer cet album. Mais finalement, il faut bien se dire que ce n’est ni plus ni moins que ce que l’on appelle une souscription, en mieux !

Crédit Photo SDesignR

MB: Il y a eu « If The Wind », ensuite « Let Them Talk », maintenant « Jewels and Glory » mettant en avant une nouvelle identité visuelle signée une fois de plus par Punky Yab/Le Studio tranchant avec les pochettes précédentes mises en image par Tony Guillou (j’exclus volontairement celle de l’édition vinyle limité de 2017 déjà signé Punky Yab !). On sent comme le passage à une nouvelle étape, comme si vos deux personnages étaient « sortis du bois », avaient pris la route à la fin de  » Checking The Levels » pour arriver plus loin, plus fort… Un sentiment qui semble d’ailleurs se confirmer avec la sortie en exclu chez nos confrère Rolling Stone du 1er extrait éponyme de l’album catapulté par un clip aux images historiques…
Un nouveau cap de franchi ?

Ray: Les premiers morceaux qui ont été composés pour cet album ont été composés effectivement sur la route en 2019. C’est là que cette histoire de covid réapparaît et pour les trois quarts de l’album, ils furent écrits en studio (Rattlehouse) lors des épisodes de confinement. Ça a été une période productive d’une part, et un peu différente de ce que nous avions l’habitude de faire d’autre part.

Oliv’: C’est vrai que si on prend les albums et clips chronologiquement, il y a une progression dans le son et aussi dans l’image du groupe. Du coup oui, avec « Jewels & Glory », un nouveau cap est franchi. Le premier pas vers la construction de ce nouvel opus a commencé fin 2019, on a enregistré 4 titres et on se posait la question de la diffusion, un EP ? Le premier jet d’un album ? Ensuite il y a eu la crise sanitaire et du coup les perspectives ont un peu changé. On a vécu le confinement un peu comme beaucoup, une pause temporelle, pour ma part pas mal de jardinage et de procrastination, hihi. Au bout de quelques semaines, on a sollicité Punky Yab pour travailler sur le clip de « Jewels & Glory », un des 4 titres enregistrés en 2019. On ne pouvait pas se voir et donc pas faire un clip avec acteurs , prises de vues, etc… De notre côté la demande était claire, on veut en profiter pour revoir l’image du groupe. Du coup Yannis est devenu une sorte de directeur artistique, il a saisi ce qu’on voulait et voilà le résultat. Un nouveau logo, un nouveau look, un visuel qui déchire, bref, il a fait un énorme travail, merci Yab.

Clip « Jewels & Glory » de THE BLUE BUTTER POT

Réalisation : Punky Yab

MB: Coté son, on retrouve toujours sur cette 3ième galette cette couleur blues originelle – certes, elle avait déjà pris un bon coup de vernis rock lourd et puissant avec le deuxième LP – mais dans ce 3ième Opus, elle semble être découpée sur le grill avec la précision chirurgicale d’un bon couteau de boucher ! Le petit pot de beurre bleu tournerait-il au steak rouge violacé?

Ray: Vous n’avez pas tort, ce qui est intéressant d’observer, comme vous venez de le faire,, c’est l’évolution globale. À juste titre « Checking The Levels » comme exemple. On peut même remonter plus loin. En partant du 1er album et du clip « I Give You Five« . Le duo y est présenté. « Checking The Levels » vient ensuite et le clip finit sur le début d’un roadtrip des compères. Pour aller où ? « Jewels & Glory » explose les clichés et les attentes avec un ton massif, libéré et définitivement plus rock. Le loup est sorti du bois.

MB: Vous êtes tous deux des purs produits du bayou breton là où l’on croise plus de grenouilles et de belettes que de crocodile et de champ de coton…
Comment en arrive-t-on à produire une musique si imprégnée de ces racines et ambiances américaines, à créer un tel univers sans jamais y avoir vécu ? A quel point cette culture imprègne votre vie (si tel est le cas) ?

Ray: Ça fait lien avec la question précédente, on a lâché les chevaux, toujours avec la patte de Mr Jim Diamond qui aime son steak bien saignant (ndlr: Notre manager est végétarien !). C’est un nouveau cap, et ce ne sera pas le dernier ! – Pour répondre à cette question, il faut se pencher sur cette approche artistique qui se construit sur l’histoire socio-musicale de tout musicien. Et ses envies. Admettons que mes parents m’aient fait écouter du Albinoni et visionner du Bergman jusqu’à mes 20 ans, est-ce que j’aurai toutes ces images de western et ces envies de Rock brut dans les oreilles ? Pour moi, deux exemples : Led Zeppelin (vinyles du père) et Sergio Leone (la dernière séance). Cette culture est présente à chaque instant de ma vie dans mes playlists quotidiennes…

Oliv’: Pour ma part, je pense qu’il y a beaucoup de points communs entre nos racines et la culture Américaine dont on parle. Là je pense à la culture Cajun en Louisiane ou Nouvelle Orléans, bref le bayou quoi. Comme Ray, mon père était un gros fan de la dernière séance et des Westerns Spaghetti, il y a donc sûrement des résurgences.

MB: Le disque s’intitule « Jewels and Glory/Bijoux et Gloire ». Un titre qui peut provoquer un sentiment contrasté surtout quand on vous connait un peu – vous n’êtes pas vraiment bling bling et paillettes – D’ailleurs qu’en est-il ? Le succès fait-il changer ?

Ray: « Jewels & Glory », vous avez mis les pieds dans le plat ! C’est cet effet que l’on veut provoquer. C’est un pamphlet sur le monde qui veut aller trop vite, trop loin, et trop avidement ! Le succès ne fait pas changer, d’ailleurs je ne pense pas à nous comme un groupe à « succès » à proprement parler, mais plutôt comme un groupe « qui va bien ». J’aime toujours autant ma compagne de Sulniac, mon jardin sans vis-à-vis, les gens qui m’entourent et les légumes de mes producteurs locaux. Et je ne changerai ça pour rien au monde !

MB: Reste qu’on a beau aimer vos disques, l’ADN des TBBP reste le live et ne pas vous voir sur scène en raison des événements est un déchirement. Le retour du live, c’est pour bientôt ?

Ray: le retour du live ? Hell yeah ! On a fait 2 dates la semaine dernière et pour vous dire la vérité, le nouveau set qui est calé sur les morceaux de l’album marche vraiment bien, il est puissant, et reste vivant comme nous le sommes depuis nos débuts.

Oliv’: Oui, enfin, ça redémarre. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite mais c’était un manque qui devenait presque physique et même qui m’a atteint moralement. On vient de tester notre tout nouveau set sur scène et j’peux vous dire que ça fait un bien fou, presque envie de pleurer en y pensant.

MB: Merci encore pour cette interview et je tenais à vous féliciter encore pour ce nouvel album que je trouve encore mieux réussi que les deux autres et c’est peu dire. Je souhaite le meilleur accueil possible à l’album, j’espère qu’on pourra être un maximum de gens à le découvrir en live pour la suite et je vous laisse le mot de la fin si toutefois vous aviez un truc à rajouter.

Oliv’: On vous dit à très vite « In Real Life », on est chauds bouillants. 

THE BLUE BUTTER POT seront en concert à L’Echonova à Vannes (56) ce Samedi 3 Juillet.

Credit Photo SDesignR

THE BLUE BUTTER POT – JEWELS & GLORY

01 – Jewels & Glory 02:18
02 – Proxy Living 05:25
03 – Man Hush 03:55
04 – The H.H.H 04:42
05 – Mr Painkiller 05:12
06 – To Each His Own (Ouverture) 01:39
07 – To Each His Own 05:27
08 – Speakeasy 05:12
09 – The Dead Good Woodsman 03:45
10 – One More Piece 04:33
11 – Come On, Come Over 04:51
12 – Bad Sides 08:32
13 – Speakeasy (All Star) 05:55

JEWELS & GLORY (Art Force One) est le 3ième album de THE BLUE BUTTER POT sorti le 28 Mai 2021

Site Officiel de THE BLUE BUTTER POT: www.thebluebutterpot.com/
Facebook: https://www.facebook.com/bluebutterpot


LAURENT Sébastien AKA SDesignR