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VULCAIN, Rock N Roll Secours by Nicky

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🎧 Version Audio

Rennes, Vendredi 11 Mars 1988, 16h45

Je suis en classe de quatrième. Un de mes amis, qui le restera presque 30 ans, me tend une cassette audio enregistrée par son frère.
« Ecoute ça ». Je la glisse dans la poche de mon blouson et j’attends mes parents dans la rue qui viennent me chercher, comme tous les soirs de la semaine.
J’ai dĂ©jĂ , depuis deux ans, un goĂ»t assez prononcĂ© pour les albums punk qu’on se passe, enfin que certains se passent sous le manteau dans cette Ă©cole catho bien rigide Ă  vous dĂ©goĂ»ter des dogmes toute votre vie. Ludvig Von 88, et son fameux et lĂ©gendaire (j’allais dire inĂ©galĂ©, mais oui, inĂ©galĂ©) album Houlala tourne dĂ©jĂ  entre les disques plus classique des parents comme Brel ou Brassens.
Je n’ai alors qu’une mini chaine hifi dont tous les ados de ma gĂ©nĂ©ration se souviennent, avec son double lecteur de cassette, son tuner et sa platine vinyle. J’ai du batailler ferme pour avoir mon premier walkman, et ce dernier est strictement prohibĂ© dans mon bahut…
Peu importe…
J’arrive, je fonce dans ma chambre, ouvre le compartiment Ă  cassette et j’y introduis cette cassette intitulĂ©e au marqueur « COMPILE ».

Et lĂ , je ne saurais vous dĂ©crire ce qui s’est passĂ©. Vulcain venait d’entrer dans mon existence, trainant avec lui des riffs rock n roll lourds, une voix Ă©raillĂ©e et puissante et une batterie possĂ©dĂ©e usant de la double pĂ©dale. Quel choc !!! L’album « Rock n Roll Secours » se lance, commence alors pour moi, une seconde naissance. Vous savez, ce moment oĂą on se dit « voilĂ , c’est CA que je veux faire plus tard de ma vie ».

Ebony :

le premier titre raconte l’histoire de ce mĂŞme album du groupe avec ce fameux label, Ebony Records, riffs gras, fondu entrant et nous plongeons dans cet album de dingue !!!

Le King :

ce riff d’entrĂ©e mes enfants… j’adore. Quand je pense aujourd’hui que cet album date de 1984 !!! Ce refrain me fait penser Ă  du Motorhead, mais nous reviendrons sur le sujet lors d’un morceau plus tard dans l’album. Les breaks, solos s’enchainent Ă  la perfection… J’avoue que j’ai, plus tard roulĂ© tellement vite avec ce morceau dans ma voiture, Ă  des vitesses que la loi aujourd’hui condamnĂ© pĂ©nalement, mais j’Ă©tais, jeune, fou et dans un monde moins rĂ©pressif qu’aujourd’hui… c’est Ă  cette vitesse que ce morceau passe et dĂ©jĂ  rĂ©sonnent les premiers arpèges du morceau suivant…

Les Damnés :

texte engagĂ© de la bande aux frères Puzio, tout comme le titre « bosser » plus tard dans l’album. Ceux qui me cĂ´toient savent Ă  quel point, au delĂ  de la qualitĂ© artistique, j’attache une importance primordiale Ă  l’intĂ©gritĂ© des paroles et donc des humains qui les interprètent et accompagnent. Je n’avais jamais entendu de solo de guitare dans le genre avant, alors le solo des DamnĂ©s reste une rĂ©fĂ©rence Ă©motionnelle, sans compter qu’il est franchement bon:)
La voix de Daniel à la fin me donna des frissons tellement il semble possédé !!!

Pile ou Face :

alors le jeune ado plein de f..tre que je suis entend ce son de basse de l’intro… Il reste gravĂ© comme la rĂ©fĂ©rence ultime du son d’une basse hard rock / metal pour moi. (oui je sais, c’est le mĂŞme son que Lemmy). Je me rappelle, sirotant mes premiers demis de bière dans les bars jouxtant l’Ă©cole, passer cet album dans le bar et me sentir tellement…bien:)

Rock n Roll Secours :

titre Ă©ponyme de l’album…
T’en veux une intro qui se coule les pieds dans le bĂ©ton armĂ© du Metal des annĂ©es 80 ? Ce dĂ©part Ă  la double Ă  1 »12 m’a fait directement headbanguer, sans savoir que c’Ă©tait bien l’effet escomptĂ© de cette musique, haha:) mon premier dĂ©vissage de cervicales pour les dieux du hard français:)
Combien de fois ais je soignĂ© des chagrins d’amour ou des revers en Ă©coutant ce titre ? Si tu faisais partie des bellâtres et des poseurs tu ne peux pas comprendre:) Mais oui, cette musique me faisait aussi du bien 🙂 Lorsque j’ai eu ma première guitare Ă©lectrique (cette mĂŞme annĂ©e d’ailleurs, va savoir pourquoi haha) c’est le premier riff que j’ai appris Ă  jouer, tout seul, Ă  l’oreille et en secouant ma tĂŞte qui Ă  l’Ă©poque Ă©tait encore lagement fournie en cheveux:)

La Digue Du Cul :

Attention, passage CULTE. J’ai ri aux larmes en entendant cette chanson paillarde pour la première fois entonnĂ©e par Vulcain:) Alors dans le Hard Rock aussi, on pouvait se marrer, comme chez les punks ? Haha, imagine l’impact dans mon cerveau !!!

Le Fils de Lucifer :

alors bon, je sais, pour toi ca va etre une chanson aux paroles banales, mais pour le gamin que j’Ă©tais, j’ai eu des frissons Ă  l’Ă©couter, dĂ©licieusement satanique, comme si ceux de « l’autre camp » me rejoignaient contre ceux que je cotoyais, parents, profs, Ă©lèves, et qui passaient leur temps Ă  m’emmerder. Le passage du cĂ´tĂ© obscur sans jamais vraiment y cĂ©der autrement que dans l’art me plaisait Ă©normĂ©ment. Il Ă©tait donc possible d’avoir ce son pour des guitares, ce son pour la basse, ces doubles grosses caisses et cette vitesse Ă  la batterie et des paroles libres ?
J’aimais ça, et j’aime toujours autant ça. Cela accompagnait Ă  merveille mon univers d’ado, composĂ© des contes macabres de Stephen King et autres films d’horreur qui ont commencĂ© Ă  me passionner Ă  la mĂŞme Ă©poque.

Vulcain :

GONG !
«Ô Maître de la foudre, Ô Force Métallique, Ô fils des volcans, Esclave, je sers ton nom : VULCAIN ! »
Tu mets des riffs clairement motorheadesques, tui veux quoi de plus puissant ? QUOI ? Ca te met en PLS ce genre de titre, t’es tellement au dessus de tout ce qui se produit ailleurs, en tout cas en France (je reste un fan des copains de Killers, Sortilège et autres ADX…) mais personne n’a cette puissance

L’enfer :

on enchaine immĂ©diatement avec la double pĂ©dale de mister Vialatte (seul album de ce batteur avec le combo). Il s’agit d’ »un des titres les plus proches de Motorhead, qu’on pourrait mettre sur les premiers albums de la bande Ă  Kilmister. Connivence artistique assumĂ©e totalement car Daniel ne nous hurle t il pas dans le morceau
« Salut Lemmy ce soir, à ta santé je vais boire !! »
Ca parle des racines du rock n roll ou les musiciens Ă  l’instar de Robert Johnson, pionnier bluesman, aurait vendu son âme au diable pour faire de la musique extraordinaire !!!

Overdose :

Ă  l’âge des premières clopes, des premières bières, des premières conneries, ce titre excite l’imagination. Sans jamais y avoir cĂ©dĂ©, d’une manière ou d’une autre, c’est ce rapport de force entre cette chanson et moi que j’adore. Je ne sais pas si ça vous parlera autant qu’Ă  moi, mais fascinantes sont les paroles, comme si Jimini Cricket ou son Ă©quivalent dĂ©moniaque venait s’asseoir Ă  cĂ´tĂ© de moi pour me raconter tout ça:) J’aime cette sensation (et tenir tĂŞte aussi, va savoir pourquoi ^^)


Bosser :

texte engagĂ©, en Ă©tant musicien il m’est arrivĂ© de faire des jobs ne me convenant pas du tout (dans un laps de temps assez court du coup!) et j’ai cette petite mĂ©lodie dans la tĂŞte et je pense que certains petits chefs ont dĂ» lire les paroles de ce titre dans mon regard…avant que je ne disparaisse pour toujours:)
parlons de ce riff principal, lĂ  encore, ma Les Paul Sunburst l’a sorti des heures et des heures. En tant qu’autodidacte, la musique de Vulcain m’a donnĂ© les premières bases, et quelles bases ! Maintenant que j’enseigne cet instrument, je me dis que j’ai attaquĂ© l’Everest par la face nord !

Bien, il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte, aussi comment rĂ©sumer cet album ?

Il fut pour moi la pierre angulaire de tout un tas de choses et sans doute dĂ©terminant pour mon choix de vie. Il m’a amenĂ© Ă  me dire « mais qui est ce Lemmy ? » et dĂ©couvrir Motorhead, et ainsi sceller dans l’acier en lettres de feu mon amour inconditionnel pour cette musique.
Au delĂ  de ça, sorti en 1984, c’est un chef d’oeuvre de ce qui se faisait Ă  l’Ă©poque. Rock n Roll, Hard Rock, Bluesy, Metal et tous les codes qui accompagnent sont lĂ . La dextĂ©ritĂ©, les textes (certes parfois un peu clichĂ©, mais qui ça dĂ©range vraiment) en français, une puissance de feu incroyable le placent au panthĂ©on des albums de Metal. On se doit de le possĂ©der, pour mieux qu’il nous possède.

Merci aux frères Puzio pour cet album. Et promis, la prochaine fois que vous passez dans mon bar artistes, je viens vous parler et j’arrĂŞte de jouer les timides:). Et toi, lecteur, cours acheter ce vinyle dont la réédition des 30 ans recèle un remaster qui apporte un plus aux morceaux:) MĂŞme si je reste un fan de la première mouture:)

Rock N Roll (secours) !!!!

P.S : et pour ceux qui veulent savoir de quoi Ă©tait composĂ©e cette compile, il y avait l’album Macadam Massacre des BĂ©rus, les groupes Komintern Sect et Gogol Premier et la Horde

Nicky

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