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Interview de Tellmarch

  • Mad Breizh : Salut les gars, merci beaucoup de nous accorder un peu de temps. Dans un premier temps, est-ce que vous pouvez vous présenter ? 

Arno : Salut, moi c’est Arno des 20 Seconds Falling Man et je suis le chanteur de Tellmarch.

Flo : Salut, moi c’est Flo de Nord et je suis le bassiste de Tellmarch.

Tristan : Salut, moi c’est Tristan, je suis batteur de Tellmarch et je joue aussi dans Dragunov.

Jérôme : Salut, Jérôme guitariste de Tellmarch et également guitariste de Nesseria.

  • MB : Voilà donc vous l’aurez compris, Tellmarch c’est un peu un All Stars band, vous êtes tous issus de projets déjà existants et ça se sent en live. Pouvez-vous nous raconter comment vous vous êtes rencontrés et comment vous avez monté ce side-project ?

Arno : C’est à eux qu’il faut demander ça, moi je suis arrivé comme un cheveu sur la soupe. Rires.

Jérôme : On raconte la vraie histoire ou… Rires. Pour synthétiser en fait, à la base avec Nesseria on devait faire un album et il y a eu des problèmes de line-up et ça s’est transformé en un autre projet, dans lequel il y a également eu des soucis, donc on a remodelé l’intégralité du groupe et c’est devenu Tellmarch avec de base : Tristan qui devait être le batteur de Nesseria initialement, Flo qui était déjà en tant que musicien live pour Nesseria et qui allait intégrer le groupe en musicien officiel… et bref, dans tout ce boulgi boulga de line-up…

Tristan : Une histoire de rencontre.

Jérôme : Et en fait au final, on a remis à plat le projet initial, on a découvert le talent vocal d’Arno via nos écoutes de 20SFM sur spotify, du coup on lui a fait une petite répétition/apéro qui a été très convaincante et on s’est dit c’est parti, on peut relancer un projet sur de nouvelles bases et on a fait Tellmarch, depuis une année à peine.

  • MB : Vous ne connaissiez pas Arno hors 20SFM ?

Jérôme : J’ai découvert 20 pendant les live covid sur la télé du Ferailleur et puis vu que Tristan habite du côté de Nantes, on s’était dit autant trouver un chanteur ou une chanteuse du côté de Nantes et en me rappelant de ce live et de mes écoutes spotify de 20SFM, on s’est dit la voix colle, il est dans le coin, donc autant tenter de voir avec ce gars-là s’il est tenté de jouer avec nous. Et ça la fait en tous points de vue, humainement, artistiquement, donc c’est parti.

  • MB : Comment vous qualifieriez le son de Tellmarch ?

Arno : AH AH. Rires.

Tristan : Éternel débat.

  • MB : Y’a un truc de post quelque chose encore quand même…

Arno : On cherche quand même à s’en défaire, mais en effet, y’a du post clairement encré dans les veines sur chacun des zikos, mais c’est pas du tout la ligne artistique sur laquelle on veut aller. Je pense qu’on va s’en détacher un peu à l’avenir. Quand j’ai intégré le groupe, artistiquement c’était déjà bien avancé, c’est-à-dire que toutes les chansons étaient écrites, il ne manquait plus que mes textes en fin de compte, donc je me suis adapté et c’est une esthétique qui me parle forcément de mon passif, mais l’idée c’est de s’en défaire un peu du post.

Jérôme : Là du coup, effectivement, les morceaux qu’on a joués ce soir et qui ont déjà été enregistrés, étaient déjà composés et la tendance qu’on veut maintenant, c’est se détacher de l’étiquette post et vraiment se diriger vers un truc plus brutal, hardcore metalcore moderne, donc même si on aime ce qu’on fait actuellement, mais je pense qu’on a envie d’un truc plus radical, groovy, « dansant » mais tendance hardcore. L’avenir nous le dira, on a déjà des morceaux enregistrés donc le style évolue au fur et à mesure, c’est ça quand on est artiste, ne pas faire ce que tu fais tout le temps. 

  • MB : Y’a une question que j’aime bien poser, c’est comment vous avez débuté la musique ? Et comment vous êtes tombés dans ce style ? On va dire extrême, metal, post metal, peu importe.

Jérôme : J’ai découvert la grande sphère metal, et à l’époque j’ai saigné Linkin Park, le premier album, et c’est ce qui m’a donné envie de faire de la gratte, je voulais juste faire de la musique comme ils faisaient. Après évidemment, ça a évolué au fur et à mesure, et en fait dans la scène plus hardcore, c’est qu’à l’époque j’avais des CD Rock Sound et un jour, un numéro spécial metal US et j’ai découvert Converge, à l’époque de Jane Doe et là je me suis dit ok, là y’a un truc que je connais pas du tout, que je découvre, et je me suis dit ok il y a un truc à faire et j’ai découvert peu à peu Poison The Well, Converge, Norma Jean… ça a été une longue histoire d’amour qui continue encore.

Tristan : Alors j’ai commencé la batterie à 15ans, ça va bientôt faire 20 ans, et pareil, j’ai toujours écouté beaucoup de musique, avec mes parents, mes frangins, j’ai 2 grand-frères, ça aide pour entrer dans un milieu qui est un peu fermé comme le metal. Donc à l’époque, 2001 Mutter Rammstein, mon frère est rentré à la maison avec l’album un jour et on a suivi tous les 3 ce qui en a découlé, tous les grands groupes des années 2000, Korn, Nightwish, Rammstein et puis au fur et à mesure, en creusant, j’ai pas mal dévié vers le post, le post instrumental et 2013, la création de Dragunov. C’est comme ça globalement que je suis arrivé personnellement à faire du post.

Flo : Moi j’étais un peu un pré-ado boutonneux ultra casse couille…

Arno : C’est fini ? rires.

Flo : C’est pas vraiment fini. C’est encore un peu là… rires. Et comme Tristan, j’ai 2 frères, un batteur, un guitariste, qui étaient là en mode “il nous casse les couilles”, donc un jour ils m’ont mis une basse dans la tronche en me disant “ça, ça s’appelle Deftones, tu bosses ça et puis quand tu sauras jouer on jouera ensemble si tu veux”. Bon j’ai jamais beaucoup joué avec eux, mais je me suis vite lancé à bosser que du metal, car j’ai commencé avec ça. Après, des petits groupes à gauche à droite et j’ai très vite commencé à jouer avec des darons du mathcore dégueulasse, Dillinger Escape Plan, Converge tous ces machins là…

Arno : J’ai été plongé dans la musique avec mon père très tôt, il était un passionné de rock et avait une collection de vinyles importante, je suis beaucoup passé par le rock 70’s. Et puis vers mes 10 ans, il m’a dit « t’as pas le choix, tu vas jouer d’un instrument », donc il m’a acheté une gratte, ma première gratte électrique. J’ai commencé la musique à la gratte. Et puis en fait, après c’est par opportunité que je suis arrivé au chant, un groupe de potes se formait et cherchait un chanteur. Voilà, donc je suis arrivé complètement par hasard au chant et ça a été une grosse découverte. À l’époque, j’ai commencé la musique j’écoutais… je viens du skate, donc soit tu écoutais du hip hop, soit tu écoutais du hardcore… donc à Nantes j’écoutais du Right 4 Life, du Slamface. Je suis arrivé du hardcore plutôt old school, et puis début collège, mon premier album je crois que c’était Slayer. Je devais avoir 12 ans, je me le suis acheté avec mes petits sous et assez rapidement est arrivée l’époque Rage Against The Machine, qu’on pouvait écouter à la radio, c’est comme ça que j’ai fait mes premières armes. Puis grosse époque Néo, quand tu es de ma génération, année 80, tu ne pouvais pas y réchapper. Le post c’est arrivé beaucoup plus tard, complètement par hasard en allant à des concerts, en m’intéressant et en tombant amoureux de groupes qui m’ont créé des sensations que je ne connaissais pas avant.

  • MB : Petite parenthèse pour Arno, vis-à-vis du chant, tu as quand même une voix reconnaissable que tu maîtrises bien, est ce que c’est quelque chose que tu bosses ? Comment tu as réalisé que tu étais capable de chanter comme ça ?

Arno : Suite à un vol de goûter au collège… Rires. Nan nan, je ne l’ai pas beaucoup bossé en fait, j’étais un petit con pendant très longtemps, j’ai commencé à la bosser honnêtement, il y a peut-être 3, 4 ans, parce que j’avais un peu changé ma façon d’appréhender le micro et je commençais à me faire mal. Je me suis dit « oula mon p’tit coco, si tu ne bosses pas ton instru tu vas vite te blesser ». Donc là j’ai pris beaucoup de cours, avec différents professeurs, j’ai bossé les voix saturées et j’ai aussi eu la volonté de développer le chant clair que je n’avais absolument pas exploré jusqu’à présent et donc j’ai eu différents profs pendant 2, 3 ans et j’ai beaucoup bossé.

  • MB : Oui voilà, ce n’est pas inné d’être capable de chanter comme tu le fais ?

Arno : Il y a sans doute des personnes qui naissent avec un don, moi non clairement il a fallu que je bosse.

  • MB : Alors, niveau composition comment ça se passe ? On a compris que quand Arno est arrivé vous aviez écrit toutes les instrus, mais comment vous travaillez ? Vous êtes un peu éloignés niveau territorial, comment se passe la composition à distance ?

Tristan : Et bien on s’enferme des périodes plus ou moins régulières, et on s’enferme 3, 4 jours, chez moi, dans la salle de répète et on fait de la zik. On voit ce qui en ressort mais pour le moment, c’est un projet assez récent, on arrive à faire ressortir des trucs cools assez rapidement. Et puis après on trie, on bosse autour d’une idée, on a envie en tout cas, de composer tous ensemble. C’est plutôt cool. Après on rebosse chacun chez nous, on a l’expérience nécessaire et le matos pour pouvoir rebosser chacun chez soi. Je programme les batteries, je les envoie aux gars qui peuvent bosser chez eux. On ne se voit pas régulièrement mais quand on se voit on est efficaces.

  • MB : Et vous partez d’un riff ? Quelqu’un amène un riff vous tournez autour ? Ou vous jammez ?

Jérôme : Soit il y a des riffs de base amenés par la guitare notamment, comme c’est un peu souvent le cas. Des fois je monte à Lille chez Flo, on fait des petites compos entre nous qu’on envoie aux gars. Sinon comme disait Tristan, les sessions de 3, 4 jours où on laisse un peu l’inspiration venir sur le moment, ce qui fait que les morceaux sont plus spontanés et il y a une énergie qui n’est pas trop réfléchie. On évite pour l’instant, de revenir mille ans sur les riffs, pour garder ce côté spontané, un peu énergie du moment, inspiration à l’instant T. Pour l’instant on fait comme ça, c’est un peu plus, entre beaucoup de guillemets, Rock… pas progressif avec beaucoup de recherches sur les rythmiques, etc.

  • MB : Concernant les textes, Arno c’est toi qui gères cette partie. Est-ce qu’il y a des thèmes récurrents ou moteurs ? De quoi parles les textes ? Est-ce que tu cherches à transmettre une émotion ou est-ce que les textes ont une valeur sur le fond ?

Arno : Déjà, les textes je les ai co-écris, c’est un copain qui les a écrits qui s’appelle Mickaël. Je lui ai donné une thématique et on les a écrits ensemble, il écrit en français, c’est quelqu’un qui écrit des nouvelles dans un fanzine plutôt punk et je lui ai donné des thématiques plutôt autour des personnages d’Hommes. L’objectif était de chanter en français mais chanter en français c’est très compliqué… Rires. Il y a des textes qui ont étés traduits/changés/modifiés en anglais et d’autres qui sont restés en français. C’est un peu nouveau cette façon de bosser là et c’était très intéressant, j’espère qu’on va continuer de bosser comme ça. L’idée est d’emmener de plus en plus les textes en français.

  • MB : En live, on ressent direct que vous n’êtes pas débutants (pour un groupe récent), il y a vraiment une esthétique marquée et travaillée et dans ce genre de lieu ça fait clairement la différence, niveau light, niveau ambiance sonore. Est-ce que c’est quelque chose que vous travaillez ?

Arno : Je ne pense pas, ce que tu vois aujourd’hui c’est vraiment le résultat de nos expériences à tous. Mais on n’a pas, enfin je crois pas, qu’on ait trop réfléchi au rendu. C’est plus l’addition de nos expériences perso.

Jérôme : Juste, par rapport aux lumières, ce que tu as vu ce soir… pour l’anecdote que tu peux raconter, on a répété ce matin avant de jouer…

Arno : Notre deuxième répétition. Rires.

Jérôme : Deuxième répétition, deuxième concert. Les lumières sont programmées par Tristan le batteur, qui gère ça dans son autre groupe, et c’est lui qui a tout programmé. C’est un gros taf de fond à faire, ce soir c’était un peu le crash test pour voir où on en est, et après c’est quand même réfléchi dans le sens où on cherche cette esthétique de lumière, d’avoir un peu des tableaux par morceau, il y a une volonté d’avoir… Dans nos groupes respectifs, à part Dragunov, dans lequel il y a déjà des lumières travaillées, nous non. Dans Nesseria on n’a jamais mis de lumières spécialement. Mais si si, on trouve ça cool et puis le côté autonomie, t’arrives, tu as tes lumières, ça fait le show et là-dessus y’a un gros travail de Tristan.

Jérôme en off pendant que les gars gèrent une discussion sur le cachet de la soirée avec Simon de Grumal Productions : En vrai : big up à Tristan pour le travail de lumières.

Tristan : C’est le travail qu’on a fait avec Dragunov, je rebondis sur ce que Arno disait, c’est l’accumulation et la somme de nos différentes expériences. C’est la force de ce groupe. Le groupe en lui-même est un nouveau projet mais on ne sort pas de nulle part.

  • MB : Je vais bientôt vous libérer, c’est quoi les projets à venir ? Il n’y a pas d’enregistrements accessibles pour le moment.

Tristan : On a des trucs enregistrés qui vont sortir progressivement, on vient de sortir notre premier clip il y a une semaine et demi…

Jérôme : L’abandon. Cliquez, streamez fort.

Tristan : Et on sort un EP 3 titres dont ce single là et 2 titres exclusifs, qui sort en juillet, tout début juillet. Et puis il y aura d’autres trucs qui sortiront au cours de l’année et puis d’autres trucs qui sont enregistrés. L’idée c’est d’avoir des sorties régulières pour garder toujours un peu d’actu donc on va sortir des trucs tout au long de l’année et tout au long de l’année 2025.

Jérôme :  Après tu vois, ce matin ça a été un débat en répète, il y a une volonté d’avoir des sorties régulières sous forme d’EP, de single, d’album où on regroupe tout. L’objectif n’est pas forcément d’avancer « à l’ancienne » avec des albums tous les 2, 3 ans. Le fait de faire des sorties régulières sous forme de petits formats t’oblige à être créatifs tout le temps et évite de te forcer tous les 2, 3 ans à écrire 10,12 morceaux dont le tiers est un peu forcé et mis au chausse-pied. Cette liberté du format permet d’être encore une fois, spontané, efficace. Et je pense qu’artistiquement c’est plus bénéfique et tu fais de la musique quand tu as envie et quand tu es inspiré.

Tristan : Dans l’idée on a envie de partir sur ce format-là, avec des sorties très régulières, de façon moderne comme ça peut se faire dans le hip hop… aujourd’hui les artistes de hip hop ne sortent plus d’album. Quitte à faire un album où on compile les sorties, histoire d’avoir une sortie physique.

Jérôme : Et on a aussi un projet, c’est faire des concerts donc pour le booking c’est [email protected]. Bookez-nous.

  • MB : Dernière question et je vous libère, vous écoutez quoi en ce moment ? Si vous voulez faire la promotion d’un truc c’est maintenant.

Jérôme : Bon les trucs que j’écoute en ce moment n’ont pas besoin de pub, ils sont énormes. Y’a Idles, y’a Thornill et Loathe.

Tristan : Et Taylor Swift. Rires.

Jérôme : En vrai c’est bien Taylor Swift. Rires.

Tristan : J’aime beaucoup le Maudits qui vient de sortir, qui sont un peu des copains, il est vraiment incroyable. Y’a le nouveau Hippotraktor aussi qui sont également des copains.

Flo : Alors moi Jéjé m’a tout volé, j’écoute la même chose en ce moment. Rires. Mais j’avoue que Loathe c’est le truc qui tourne en boucle depuis trop longtemps, beaucoup trop longtemps.

Arno : Je vais pas être original, je vais te dire le même groupe. Rires. C’est ce que j’écoute à fond depuis 15 jours, 3 semaines.

  • MB : Merci beaucoup les gars pour votre temps, au plaisir de se recroiser.

Tellmarch : Merci à toi, c’est chouette.

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